Replay du lundi 31 mai 2021

Le mot du jour : façade

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Pour célébrer la réouverture culturelle, sur la façade de la Caisse des Dépôts, 3 Quai Anatole France sur la rive gauche de la Seine, en face du Louvre va être exposée à tous à commencer par les promeneurs, une œuvre d’Alexandre Lenoir déployé sur presque 500 mètre carrés.

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Photo d'illustration © Getty

Et c’est ce mot « façade » dont vous avez de votre côté, Jean, choisi de raconter l’histoire. 

En effet, cette œuvre monumentale c’est le cas de le dire va être exposée jusqu’en juillet, c’est assez inédit, et elle offre à la notion de façade donnant sur la Seine un nouveau tour. En fait c’est une sorte d’exposition à ciel ouvert d’une œuvre intitulée La Source... Une source qui naît sur une façade, ça a quelque chose de surprenant. Alors d’où vient ce mot ? On se doute bien sûr qu’il est lié à la notion de face, désignant ce qui est devant, et aussi le visage. C’est de l’italien facciata que nous est venue d’abord la facciate puis la fassade avec deux s en 1571 avant de prendre l’orthographe actuelle enregistrée en 1680 dans notre premier dictionnaire français, le Dictionnaire françois de Pierre Richelet. La définition en est simple, en tant que Terme d’Architecture : « Face de bâtiment. Devant de bâtiment &le côté par où l’on y entre ». Rien à dire.  On évoquera très vite la façade maritime d’un pays, sa région côtière en fait, mais aussi dans les années 1980, les radios à façade détachable.

Mais Jean le mot façade va prendre aussi des sens, familiers. 

En effet, à partir du XIXe siècle la façade a d’abord pris un sens figuré synonyme de quelque chose de trompeur comme un bâtiment qui n’a qu’une façade et rien derrière. On évoque par exemple une modestie de façade. Ou encore des formules du type : « Chez lui, tout est de façade ». Et puis vient un sens familier attesté en 1872, la façade s’assimilant au visage. D’où des expressions comme « se refaire la façade » et plus récemment « se faire ravaler la façade », ou pire « lui démolir la façade », que je n’ai pas besoin d’expliquer. Et si avec un ami à qui vous dites je vais refaire ma façade, vous avez droit à ce vilain mot : « c’est vrai que tu en as besoin ». Ne le comptez plus parmi vos amis... 

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