Replay du mercredi 23 juin 2021

Arques la Bataille - Eugène l'entraîneur d'Emmanuel Petit

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C'est le premier entraîneur d'Emmanuel Petit

Gégène face à son stade
Gégène face à son stade © Radio France - Fred Romanuik

Eugène dit Gégène a fêté ses 90 ans au mois de mai.

Sa vie, c'est le foot. Son jardin c'est le Stade de la gare, à Arques la Bataille. Quand il a tapé ses premier ballons avec ses potes en culottes courtes, c'était pas du gazon, le stade. C'était du mâchefer. Ce résidu de charbon brûlé qui n'a rien à voir avec le green que tout footballeur est en droit d'attendre. Mais bon, je vous parle d'une époque qui remonte à Mathusalem. Les gamins rentraient écorchés et sans doute noirs comme des petits ramoneurs, mais ils rentraient heureux. Les uns et les autres ont fait leur vie, dans les usines qui ont fait les grandes heures d'Arques la Bataille. Gégène aussi. Mais lui il est de ceux qui n'ont jamais lâché le foot. Il l'a chevillé aux crampons. Il se souvient de ce fameux match, face à Dieppe, David contre Goliath, où une foule de 2400 supporters s'était agglutinée autour du terrain. Au point qu'on avait improvisé des tribunes avec des palettes empilées. A l'époque, la commission sécurité ça n'existait pas. Valait mieux. 

Un jour, qui sait, le satde de la gare portera peut-être le nom de Gégène
Un jour, qui sait, le satde de la gare portera peut-être le nom de Gégène © Radio France - Fred Romanuik

Sa petite fierté, c'est Petit.

Un petit gamin blondinet, qui venait s'éclater le samedi après-midi. Un certain Emmanuel Petit. Il était doué le môme. A lui tout seul il les gagnait les matchs. Son premier entraîneur, c'était Gégène. Un doux souvenir, mêlé d'un peu de mélancolie. Parce qu'Emmanuel avait un frère, Olivier. Olivier est mort sur un terrain de foot, sous les yeux des copains et de Gégène, et ça, il a beaucoup de mal à s'en remettre. Alors on en parle pas trop. Ce dont on va beaucoup parler, à la maison ce soir, c'est de la France. Elle a intérêt à assurer face aux Portugais. Ça serait dommage de décevoir notre Gégène.

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