Replay du jeudi 29 avril 2021

Verneuil d'Avre et d'Iton - Régis le passeur d'Histoire

L'étrange abbaye de monsieur Régis.

Dans la chapelle de l'abbaye Saint Nicolas
Dans la chapelle de l'abbaye Saint Nicolas © Radio France - Fred Romanuik

Ça fait des années qu'il vit dans l’ermitage, Régis. 

La petite maison de pierre située juste à l'entrée de l'abbaye Saint Nicolas de Verneuil. L’ermitage était propriété du béguinage, comme d'autres demeures du quartier. Au gré des époques, on y accueillait les visiteurs des sœurs, les mères nourricières à qui étaient confiés les pupilles et, plus généralement, ceux qui cherchaient la paix et le silence. L'endroit semble fait pour Régis, l'homme aux deux facettes; certes il aime quand ça bouge, il aime le monde et la foule. Il anime des événements populaires, il s'investit dans le tissu local, il fait partie de ceux qui attisent la flamme de la vie locale. Mais il est aussi un peu mystique, mon Régis. Il aime s'imprégner du lieu, il en a les clés. Y déambuler seul, en quête de ses vibrations et de son histoire. Il passe des heures à écouter les murs de l'abbaye. Ils ont toujours quelque chose à lui dire. Il en creuse l'histoire. 

Derrière les fenêtres de l'abbaye inoccupée, l'histoire continue à s'écrire.
Derrière les fenêtres de l'abbaye inoccupée, l'histoire continue à s'écrire. © Radio France - Fred Romanuik

L'endroit résonne de nos pas, aujourd'hui déserté de ses sœurs.

Mais est-il si vide que ça? Il semble que la vie s'y traduise autrement de nos jours. Ce cerf qui élit domicile dans les jardins et se lie d'amitié avec mon guide. Un téléphone, débranché depuis des années, qui se met à sonner. Des crucifix qui disparaissent avant de réapparaître. Des impressions qui nous font nous retourner, l'idée qu'on n'y est pas seul... 

Jusqu'en 2001, les murs de l'abbaye abritaient encore quelques moniales bénédictines.
Jusqu'en 2001, les murs de l'abbaye abritaient encore quelques moniales bénédictines. © Radio France - Fred Romanuik

La crypte, les tombes, les crucifix...

Le son commence par dresser le décor, quand on descend dans la crypte. Feutrées en haut des marches de pierre, les voix rebondissent sur les murs une fois dans cette grande chapelle souterraine. Un autel et les tombes de ceux qui ont compté dans la vie de l'abbaye. On chuchote, pour ne déranger personne et parce que le lieu l'impose. C'est là que Régis me raconte une de ses troublantes expériences. Ce jour où, accompagné d'un ami, il y est descendu, une fois de plus. L'endroit est bardé d'une vingtaine de crucifix, en temps normal. Or s'il est bien un lieu où le temps ne l'est pas, normal, c'est ici. Ce jour-là, les crucifix ont disparu. Leurs traces restent imprimées sur les murs de pierre. Témoignage de leur récente présence. Mais ce jour-là, non, les crucifix ont disparu. Évidemment, ça n'est l’œuvre de personne. Aucun des rares détenteurs des clés n'a décroché de crucifix... Qui se serait permis? Régis quitte les lieux. Avant d'y revenir, quelques temps plus tard. Les crucifix sont de retour.

La crypte et ses crucifix.
La crypte et ses crucifix. © Radio France - Fred Romanuik
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