Estelle Denis : sportive, solide, fidèle

Les portraits de Jean-Paul Billo 2012-2013

Estelle Denis : sportive, solide, fidèle

 

Estelle Denis : sportive, solide, fidèle
 

« Ce que j’aime, ce sont les décharges d’adrénaline que procurent le suspens et les rebondissements d’un vrai challenge ! J’ai foncièrement l’esprit de compétition ! » Œil vif et volonté de fer inscrite sur le minois souvent adouci par de francs sourires, la toute brune Estelle Denis est une bonne élève du PAF. Après avoir sagement exécuté ses gammes, elle postule désormais dans la cour des grands de l’univers télévisuel. « Je suis journaliste avant tout, je suis sincère et droite ! » tient à préciser celle qui partage la vie de Raymond Domenech, ce qui n’a pas toujours été pour elle d’un confort moelleux, mais ne l’a jamais empêchée de tracer son sillon.

 

En 1994, son Bac en poche, Estelle Denis intègre le Centre d’Études Littéraires et Scientifiques Appliquées (CELSA – Sorbonne), puis en 1996 l’IUT de journalisme de Bordeaux.Après un stage à France Inter, elle est recrutée en 1998 par France 2, à l’occasion de la Coupe du Monde de Football, avant de rejoindre la chaîne TV Infos Sport, où elle anime « Le Journal des Clubs ».En 2001, sur TPS Star, elle devient présentatrice de « 20h Foot » et « Prolongations », ainsi que de « Star Mag », un magazine dédié au Cinéma.En 2004, elle fait son entrée à TF1 dans l’équipe de « Téléfoot » menée par Thierry Roland, et sur LCI dans « On refait le match ».À partir de 2005, sa carrière prend une nouvelle dimension quand elle débarque sur M6 pour plusieurs années. Elle prend les commandes de « 100% Foot », où elle retrouve Thierry Roland, Dominique Grimault et Pierre Ménès. Le succès de cette émission lui permet de s’affirmer dans le journalisme sportif, plutôt masculin par tradition. En 2006, elle anime « 100% Coupe du Monde », un talk-show relatif à l’événement qui se déroule en Allemagne, et en 2008 « 100% Euro » tourné vers la Coupe d’Europe du ballon rond.Dans un autre registre, en 2007, elle propose « 5 ans avec » où elle reçoit à sa manière les candidats à l’élection présidentielle, en 2008 « 100% Mag », un rendez-vous quotidien à 18h 50, qui traite des sujets de société et de l’actualité des « peoples », et en 2010 « Nouvelle Star, ça continue ».En 2012, elle quitte M6 et retrouve TF1 où elle fait sa rentrée télévisuelle en janvier 2013 dans la première de « Samedi soir, on chante » consacrée à Jean-Jacques Goldman, puis on la retrouve en février dans « Splash, le grand plongeon ».Joueuse de poker ayant participé à plusieurs tournois internationaux, elle présente sur ce thème, « Le Tournoi des as » sur Paris Première (2006) et « Carrément Poker : Filles Vs Garçons » sur W9 (2011).Depuis plusieurs années, elle est la compagne de l’ancien sélectionneur et entraîneur de l’équipe de France de Football, Raymond Domenech, à qui elle a donné deux enfants : Victoire et Merlin, respectivement nés en 2004 et 2007.Garçon manqué Fille de médecins, Estelle Denis voit le jour le 6 décembre 1976 à Paris. La famille est installée dans une verdoyante banlieue de l’Est parisien. La petite Estelle est une enfant sans problèmes. Excellente élève, elle décroche chaque trimestre les félicitations de ses maîtres, et se fait vite élire chef de classe.L’originalité de la gamine réside dans la passion sans bornes qu’elle voue au football : « Mon idole, c’était pas Dorothée mais Alain Giresse et Thierry Roland ! » Dès l’âge de 7 ans, elle harcèle ses parents pour qu’ils l’inscrivent dans un club et parvient à ses fins. La fillette se retrouve au sein de l’équipe de garçons du Coudray-Montceaux, dans l’Essonne : « Je jouais arrière droit. Je taclais et relançais proprement, mais je n’avais aucune vision du jeu. D’ailleurs, ça n’a pas changé, je n’arrive toujours pas à me projeter vers l’avant ! » Ce qui n’empêche pas le petit oiseau rare de se voir en championne du monde, jusqu’à ce que les années la rattrapent : « À partir de 10 ans, après les matches, ça devenait délicat de prendre des douches avec mes camarades ! » Elle troque les crampons et se lance alors dans le tennis avec la ferme intention de « devenir la nouvelle Steffi Graf » . Clin d’oeil du destin : l’un de ses voisins se nomme Yannick Noah. Elle en devient une groupie, sonnant plusieurs fois en vain à sa porte, jusqu’au jour – Ô joie ! – où le champion la reçoit en tout simplicité et lui offre une de ses raquettes, des poignets en mousse, et un poster dédicacé. Précieux trophées !Léger revers de la médaille : l’ado est un vrai garçon manqué. Son père en est contrit et lui propose un marché : « Je te donne ce que tu veux si tu t’achètes une robe ! » Elle préfère garder ses jeans, peu encline à se soumettre aux canons de l’esthétique et de la séduction : « Avec ma coupe de cheveux à la Du Guesclin, mon appareil dentaire imposant, mes grosses lunettes et mes kilos en trop, je n’étais pas très glamour ! Avec les garçons, je me suis pris pas mal de râteaux ! J’étais plutôt la bonne copine ! » Loin de ces futilités de jeunesse, elle préfère dévorer « L’Équipe » et les exploits sportifs, et s’adonner à la lecture des grands classiques : « Un jour, dans « Bel-Ami » de Maupassant, j’ai flashé sur le héros qui découvre l’ivresse de voir sa signature en bas de son premier article. C’est là que j’ai chopé le virus du journalisme ! »Drogue dure En quinze petites années, Estelle Denis est parvenue à se hisser dans le cercle envié des vedettes du petit écran, s’imposant – telle son aînée Marianne Mako – d’abord dans le journalisme sportif, ce qui n’est pas évident pour une représentante du beau sexe. Même le chevronné Eugène Saccomano en convient : « Elle sait de quoi elle parle. Elle a du culot, et le goût de la polémique. C’est une pro, et puis bon, elle est jolie ! »La demoiselle a du caractère, surnommée « le faucon » ou « le rouleau-compresseur » par certains collègues, qui pointent « ses phrases en rafale, ses jugements aussi péremptoires qu’un coup de sifflet d’arbitre, ses envolées de supportrice enflammée ». Ceci ne semble guère l’émouvoir : « Si j’ai une idée en tête, plus rien n’existe, je fonce ! »Animatrice tous terrains, c’est une passionnée des émissions en direct, sa « drogue dure », même si elle est toujours victime du trac : « C’est une forme de stress que j’aime ressentir, c’est une des raisons pour lesquelles je fais ce métier ! » Elle passe du sport à la politique, du poker au divertissement, ce qui n’enchante pas quelques « puristes » qui y voient un mélange des genres. Ces considérations la laissent de marbre : « J’aime relever tous les défis ! Si on me les propose, c’est que je suis légitime. Est-ce qu’on reproche à un ministre d’être en charge de l’Agriculture puis du Commerce Extérieur ? Ce qui compte, c’est d’être bon, c’est tout ! »Pour la potiche, on repassera. « Raymond la Science » « Je suis le pire qui puisse t’arriver ! » lui confie Raymond Domenech quand débute leur belle histoire. Il n’est alors que l’un de ses chroniqueurs sur une chaîne spécialisée et entraîneur des Espoirs de l’équipe de France, mais elle flashe sur cet homme original et cultivé : « Pour moi, il a remisé ses cravates Mickey et ses pantalons à carreaux ! »Tout se complique quand Raymond prend la grande équipe des « Bleus » en main, et c’est un euphémisme de dire que cette nomination devient vite un gros caillou dans la chaussure de la belle animatrice. La journaliste et le sélectionneur forment un couple qui déclenche suspicions, ironie, et moult commentaires sur la confusion des genres. Les attaques pleuvent : « Quid des secrets professionnels une fois les deux tourtereaux réunis sur l’oreiller ? » Le caractère ombrageux de Raymond, son insolence affichée, les divers désastres sportifs et humains de ses joueurs ne facilitent point la tâche de sa belle, surtout, quand d’une manière surréaliste, il la demande en mariage un soir en direct à la télé après l’élimination calamiteuse des « Bleus » en Coupe d’Europe, « une grosse connerie qui l’a mise dans de sales draps ! », reconnaît aujourd’hui Raymond, par ailleurs comédien amateur à ses heures.Elle, pugnace dans la tourmente, a toujours résisté : « Je suis amoureuse et je vis avec Raymond, pas avec le sélectionneur ! Chacun son boulot ! Je sais tenir ma langue, je suis honnête, et j’ai la conscience tranquille ! »Dont acte… Les bourrasques son désormais apaisées… Estelle et Raymond qui « s’aiment d’une manière extrêmement forte » ont tenu le coup, mais n’ont toujours pas gravé leurs noms au bas d’un parchemin.Cuisine familiale Estelle Denis déteste les lieux branchés, les magasins bio, Facebook et Twitter.C’est une accro du « Parisien » et une lectrice invétérée : « J’enchaîne une oeuvre littéraire, un polar, un livre « idiot ». C’est idéal, on ne se lasse jamais ! » C’est aussi une maman aimante qui ne rate pas une occasion de faire apprécier à son homme, à Victoire et Merlin, ses talents confirmés de cuisinière, notamment en matière de poulet rôti à la purée, et de blanquette de veau.Elle écoute avec plaisir Brassens, Sardou, Vanessa Paradis, Marc Lavoine, Bob Marley.Amatrice de puzzles et de bonzaïs, elle est politiquement partagée : « Je suis une pragmatique qui voudrait changer le monde ! »Son avenir ? Elle l’évoque dans un éclat de rire : « Dans dix ans, je serai championne du monde de poker, et donc milliardaire ! »

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