Les séries France Bleu DOSSIER : Les salops au cinéma

VIDÉO - "Les salops du cinéma" représentent la part d'ombre de chacun d'entre nous

Par Benjamin Jacquot et Atelier de création Provence Alpes Méditerranée, France Bleu mardi 16 mai 2017 à 14:50

Hannibal Lecter (Anthony Hopkins) et le Joker (Jack Nicholson), deux grands salops du cinéma
Hannibal Lecter (Anthony Hopkins) et le Joker (Jack Nicholson), deux grands salops du cinéma © Getty

Dans la série radiophonique "Les salops au cinéma", France Bleu raconte ces "méchants" des films qui ont marqué l'Histoire du grand écran. Du Joker dans Batman, à Hannibal Lecter en passant par le comte Dracula, Fabien Berraïs, psychothérapeute, décrit ces personnages qui fascinent.

Le Joker dans "Batman", Hannibal Lecter du "Silence des agneaux" ou encore le Comte Dracula de "Nosferatu"... Fabien Berraïs, psychothérapeute, décrypte, raconte, décrit ces personnages de films qui fascinent, peuvent parfois déranger et qui sont le reflet d'une part sombre de notre humanité. Ils sont les héros de la série radiophonique "Les salops au cinéma", à écouter ou podcaster sur francebleu.fr.

The Joker, le salop de l'absurde

Fabien Berraïs est catégorique : "Le Joker est le salop de l'absurde. Il teste les régles, il est hors-norme, hors cadre". Même si son "discours peut paraître logique, il a quelque chose de schyzophrénique". De plus sa relation avec Batman pose la question du "faire justice", pour soi-même ou pour les autres.

Hannibal Lecter, le salop intelligent et élégant dans la violence

C'est un salop très fascinant ! "Avec Hannibal, on est dans l'élégance absolue de la violence" avance Fabien Berraïs. Le héros cannibale du "Silence des agneaux" est "dans la dévoration. Il représente le danger de la parole, le danger de la séduction : on pourrait presque adorer un personnage comme Hannibal, on est vraiment dans le cœur de la fascination !". Pour notre psychothérapeute, le Dr Lecter est "un expert de l'élégance et de la gourmandise : il savoure absolument tout ce qu'il fait !"

Dracula, le salop inconscient, instinctif

C'est un personnage instinctif. On est ici "dans le domaine de la pulsion" affirme Fabien Berraïs. C'est "un salop qui suscite l'excitation, entre le sexe et l'effroi". Notre psychothérapeute ajoute : "On se situe ici entre torture et jeu sexuel. On voit bien aussi la dimension compulsive que provoque le comte Dracula. L'inconscient et la sexualité sont extrêmement mis en avant..."

"Ces salops représentent la part d'ombre de chacun d'entre nous"

Dans la série "Les salops du cinéma", les équipes des Ateliers de création de Radio France ont désiré faire un lien entre "la part d'ombre" de chacun des dix personnages choisis, et une forme de "refoulement" que possède chacun. Ces "salops" sont la plupart du temps les faire-valoir du personnage principal puisque, comme le dit Fabien Berraîs, "sans eux il n'y pas de "gentils" ou de super-héros...". En clair, "ils ne peuvent pas être dissociés du personnage lumineux de l'histoire". On peut également dire que "les salops qui nous fascinent, racontent quelque chose de nous !"

Notre psychothérapeute ajoute que "ces salops sont une projection du moment". Il y en a donc que l'on pourra trouver "plus percutants" à certaines époques qu'à d'autres : "Avant le salop était un monstre, dans des représentations du diable ou de Satan, alors qu'aujourd'hui il y a une "élégance" du salop comme pour Hannibal Lecter par exemple".

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