Toutes les émissions

Made in France

Du lundi au vendredi, à 13h40

Emanuel Lang

Diffusion du jeudi 15 juin 2017 Durée : 3min

Une manufacture de textile historique qui se réinvente

Depuis 160 ans, cette entreprise, nichée en Alsace, détient un savoir-faire de tissage de qualité qui permet à ses toiles d’être destinées à la confection de vêtements mode et du luxe. Mais aussi, parce que leurs tissus sont résistants, ils seront destinés à la confection de vêtement de travail.

A l’origine, c’est Emanuel Lang lui-même et quelques membres de sa famille qui fondent un petit atelier de tissage en 1856. Ce savoir-faire et la qualité de production va permettre à l’entreprise de grossir en rachetant au fil des décennies plusieurs autres usines de textiles en Alsace. Dans les années 90, l’empire s’effondre petit à petit. Les années 2000 sont catastrophiques. En 2014, l’entreprise renait de ses cendres grâce à un repreneur expert dans ce domaine. Pour lui, c’est indiscutable, l’entreprise doit se réinventer.

Se réinventer

Quelques fois, les solutions pour l’avenir sont dans le passé. En quelles matières étaient nos vêtements avant que l’on ramène le coton des colonies ? En chanvre et en orties ! La fibre d’ortie était déjà utilisée au Moyen-Âge pour l’habillement et le chanvre est cultivé dans l’Est de la France depuis 2.500 ans. Et comme les machines d’Emmanuel Lang sont très polyvalentes alors sont parfaitement adaptées au traitement de ces nouvelles fibres.

Et contrairement au coton, ces matières premières sont respectueuses de l’environnement car leur culture ne demande ni engrais, ni pesticides, et elles sont très peu consommatrices d’eau. La production d’un pantalon en coton nécessite la consommation de 11.000 litres d’eau contre 100 litres seulement pour un pantalon en chanvre ou en ortie.

L’ortie est un dépolluant naturel qui retire les nitrates du sol. Résultat le monde agricole et l’environnement ne peuvent que tirer le plus grand bénéfice de la réhabilitation d’une filière textile, indépendante en France.

Et ces techniques pourraient bien aussi s’appliquer prochainement avec le lin.

Le lin

Tisser le lin est un savoir-faire que nous avons perdu au début des années 90. C’est rageant quand on sait que la France compte parmi les plus gros producteurs de lin en Europe. Le lin français part en Asie ou au Brésil pour y être filé puis revient en France pour être tissé.

Fort de son expertise du chanvre et de l’ortie qui se rapproche de la matière du lin, l’entreprise alsacienne a donc été approchée par les producteurs de lin normands pour qu’on puisse de nouveau gérer toutes les étapes de transformation du lin en France.