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Made in France

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L’atelier Tuffery

Diffusion du jeudi 23 mars 2017 Durée : 2min

Les débuts du jean ?

Un jean fabriqué à Florac dans les Cévennes depuis 1892 avec l’atelier Tuffery. L’atelier Tuffery est même l’inventeur du jean, tel qu’on le connaît, en France. Mais on est modeste chez les Tuffery, on vous dira que le jean n’est qu’un pantalon de bon sens. Deux jambes taillées dans la toile puis cousues entre elles. Il reste alors à ajouter les poches arrière. Elles sont plus pratiques pour ranger les outils mais aussi plus résistantes que les poches faites d’une doublure. Enfin, on peut les changer si elles se trouent.

En parlant de poche, la petite poche sur le côté droit s’appelle la poche Gousset. A l’origine, on y rangeait notre montre !

La toile

Cette toile, c’est le denim. Ce mot anglais n’est que le dérivé de son nom d’origine « de Nîmes ». Car à Nîmes, on tisse une toile faite de deux fils croisés à 90 degrés, une toile très résistante, très rêche, selon qu’elle est tissée plus ou moins serré.

Et cette toile se retrouve à Florac grâce au chemin de fer. En juin 1904, on construit la ligne Florac - Sainte-Cécile-d’Andorge. Elle-même reliée à Alès et Nîmes. Et ceux qui posent les rails ont besoin de vêtements de travail confectionnés dans une toile solide. Par chance Saint-Cécile-d’Angorge est elle-même reliée à Alès et Nîmes. Célestin n’a qu’à emprunter le train pour aller se fournir en toile « De Nîmes ».

Le jean : Américain ou français ?

Vaste débat. Ce qui est certain c’est que ce procédé de tissage vient de la ville de Nîmes. Concrètement, ces pantalons se sont développés parallèlement sur les 2 continents. Et lorsqu’en 1944, les GI débarquent, avec leurs blue-jeans, ce pantalon de travail devient celui de la liberté.

Ce sont les 30 glorieuses. Célestin cède l’affaire à son fils, Jean-Alphonse. La manufacture de Florac emploie jusqu’à 40 couturières. Mais la maison n’est pas épargnée par la chute de l’industrie textile en France. Les enfants de Jean-Alphonse sont contraints de fermer l’atelier floracois en 1985. Du bel et grand atelier, les 3 frères s’installent dans une petite boutique. Impossible pour eux de ne pas perpétuer ces gestes familiaux et continuent une production marginale.

C’est un vrai coup dur mais les 3 frères ne se découragent pas. Le salut viendra de Julien. Marqué par les doigts usés de son père, Julien rêve grand. Il intègre les Grandes écoles, devient ingénieur mais son cœur reste dans l’atelier.

A l’heure on l’on vante les mérites du Made in France, son père et ses oncles ne savent pas allumer un ordinateur pour communiquer sur leur savoir-faire. Alors le soir, puis les week-ends, puis à temps plein l’ingénieur relance la marque. L’émotion est à son comble quand il prend les rênes de l’entreprise l’année dernière.

Aujourd’hui, l’entreprise va bien. Et puis joli pied de nez, les Tuffery sont en train de faire construire un atelier capable de répondre à la demande grandissante. Cet atelier est à quelques mètres de la manufacture historique…