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Une jeune fille susceptible
Une jeune fille susceptible © Getty - JGi - Jamie Grill

Gérer la susceptibilité d'un proche

Diffusion du vendredi 14 septembre 2018 Durée : 2min

Sophie de Neuilly sur Seine ( 92 ) nous pose la question suivante : « Ma mère est hyper susceptible : je trouve qu’elle prend tout mal. Elle croit souvent que les autres agissent contre elle ou ne l’aiment pas. Cela m’agace et me fait de peine. Je n’ose plus rien lui dire de peur de heurter sa susceptibilité. Que puis je faire à mon niveau danscette situation ? »

Que faire face à un proche qui est  susceptible ?

La première chose à faire, c’est de prendre du recul et rester calme : il s’agit d’apprendre à regarder cette situation avec bienveillance, en laissant à la personne susceptible ce qui lui appartient.

Dans la susceptibilité, il y a l’expression de fragilités narcissiques : la personne peut craindre d’être rejetée, elle a aussi souvent un sentiment d’infériorité et parfois l’idée qu’on la persécute. Comme elle est enfermée dans ses idées, elle se sert de tout ce qui est dit pour alimenter ses peurs. C’est donc une grande souffrance pour elle, avec laquelle elle se débat. Et cette souffrance finit par être partagéepar l’entourage qui est, d’une part, un témoin impuissant, et qui a aussi l’impression d’alimenter, malgré lui, cette souffrance chez l’autre.

Sophie, même si vos propos sont régulièrement déformés par votre maman, faites la part des choses. Vous n’avez malheureusement pas le pouvoir de changer la façon de penser de votre mère. Et vous ne pourrez pas la débarrasser de son hyper susceptibilité. C’est à elle de travailler dessus si elle le décide. Ne cherchez donc plus à la convaincre qu’elle a tort : vous allez vous épuiser et vous crisper de plus en plus.

Si c’est inutile de chercher à convaincre la personne susceptible qu’elle a tort, qu’est ce qu’on peut faire et dire qui soit plus adapté ?

Eh bien, tout en restant calme, vous pouvez reconnaître l’émotion et interroger la personne en lui disant par exemple : «  Je vois que tu te sens blessée. Qu’est ce qui t’a blessée dans ce qui a été dit ? Vous pouvez aussi demander : « Qu’est ce qui te fait penser que tu es visée et que ces paroles sont une attaque contre toi ? »

Écoutez les réponses de la personne sans les commenter, sans chercher à la convaincre du contraire. Chaque fois que vous cherchez à prouver quelque chose, l’autre va se replier et renforcer ses croyances pour se protéger.

Ensuite, vous pouvez éventuellement ajouter : « C’est ton point de vue, et je le respecte. A mon avis, il y a aussi d’autres façons de voir les choses. Nous en reparlerons si tu le souhaites. » Toute la difficulté consiste à rester calme et accepter que vous n’avez pas le super pouvoir de soigner l’autre, malgré lui ou malgré elle.

C’est à elle ou à lui de modifier les choses s’il le désire. Donc apprenez à accueillir l’autre avec sa façon de penser, même si elle vous semble inadaptée : Vous n’êtes ni menacé ni responsable. Donc, restez centré, bienveillant, et trouvez la bonne distance.