Replay du lundi 18 janvier 2021

Pourquoi certains étudiants ne vont pas bien en ce moment?

- Mis à jour le

Avec Serge Sommer, psychanalyste à Livron

Étudier au temps du Covid...
Étudier au temps du Covid...

Valérie: Pour certains étudiants, la période que nous vivons est particulièrement difficile. 

Et sur les réseaux sociaux, certains adultes réagissent de manière très violente. 

On peut lire par exemple :  « ça n’est quand même pas la guerre, tout ce qu'on leur demande, c'est de ne rien faire. Ce n'est pas aussi difficile que ça! »  

Je voudrais qu'on éclaire un petit peu ce qui se passe pour certains étudiants qui ont fait leur rentrée derrière un écran. 

Serge Sommer:  ce serait très intéressant de psychanalyser ces adultes qui disent autant de sottises et d'inepties parce qu'effectivement, la guerre, c'était très souffrant! C'était très douloureux, mais il y avait quelque chose qui était important à la guerre, c'est qu'on n'était pas tout seul! On partageait notre peine avec des frères d'armes! 

Le problème de l'étudiant, c'est qu'il est parfois tout seul, que ses seuls contacts sociaux vont se faire à travers un écran! L'être humain n'est pas fait pour ça. 

On constate qu'aujourd'hui, il y a une recrudescence de dépressions de jeunes, des suicides, parce qu'effectivement, l'être humain n'est pas fait pour être seul. 

Nous sommes des êtres de désir et notre désir va se construire  parce qu'on voit l'autre désirer!

Prenez le désir du petit enfant qui ravi, joue avec une petite voiture: L’autre enfant qui le regarde va lui aussi vouloir jouer avec cette voiture. Mais dans le fond ce qu’il veut, ce n’est pas la voiture en elle même, ce qu’il veut, c’est le désir, le plaisir qu’a le petit garçon à jouer avec sa voiture!  

Et quand on se retrouve tout seul comme un étudiant aujourd'hui avec ce confinement, on ne se reconnaît plus dans l'autre. On ne se reconnaît plus, on est dans notre propre solitude et l'ego, l’image qu'on a de soi même est en perdition. Et quand on se retrouve en perdition, on  perd son  désir, on perd sa pulsion de vie. 

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