Replay du vendredi 23 octobre 2020

MON PSY ET MOI Pourquoi certains ont ils besoin de lumière pour dormir?

- Mis à jour le

Serge Sommer Psychanalyste à Livron

Dormir avec la lumière?
Dormir avec la lumière?

Avez vous avez besoin, vous de lumière pour vous endormir?  

Serge Sommer:Le moment du coucher est anxiogène. Et qu'est ce qui est anxiogène dans le moment du coucher? 

Qu'est ce qui se passe dans le sommeil? 

En réalité, le sommeil, ça se passe en noir avec la perte de la conscience. La perte de conscience et le noir, ça vous évoque quoi? 

La mort!  la symbolique de ce qui se passe à ce moment là, c'est l'angoisse de la mort qui est une angoisse existentielle propre à chacun. Même si on l'oublie parfois, on se dit « on n'a pas peur de la mort »! 

Et bien Freud disait: si l'homme ne se pensait pas immortel, il n'arriverait pas à survivre! 

Nous avons tous des compensations et des expressions de cette peur de la mort qui est propre à l'être humain parce que l'être humain a la conscience de lui même. Et donc, c'est la peur de perdre cette conscience. La peur de perdre le contrôle qui fait peur dans l'inconnu de la mort. Cette prégnance de la peur de la mort fait qu’on a du mal à lâcher prise. 

Pour s'endormir, il va falloir lâcher prise sur ce besoin de contrôle qu'on a sur soi. Ce besoin de surveiller, de voir un petit peu ce qui se passe, d'avoir l'impression que la vie est toujours active autour de nous et de lâcher prise.

V.R.: C'est intéressant. Oui, je n'y avais jamais pensé comme ça. Est ce que c'est ce que les enfants, qui ne nomment pas encore la mort « mort »  appellent: le loup? 

Serge Sommer: Oui, oui, le loup, c'est la peur de l'inconnu, de ce qui va nous manger, de ce qui va nous dévorer. Et finalement, après la mort, on ne sait pas ce qui se passe. Cette peur de l'inconnu, de ne plus contrôler, de ne plus savoir ce qui se passe, de ne plus avoir conscience de soi, c'est la peur de l'être humain et c'est la peur primaire de l'être humain. 

V.R. Et c'est comme ça qu'on en arrive à avaler des tubes de somnifères. Alors qu'écouter une belle chronique sur la peur du loup, ça peut tout changer. 

Serge Sommer, psychanalyste à Livron

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