Replay du vendredi 3 juillet 2020

On n’est pas à l’abri d’faire une bonne émission, l'été !

Le thème du jour : les glaces !
Le thème du jour : les glaces ! © Getty - Chris Clor

Aujourd'hui, dans On n'est pas à l'abri de faire une bonne émission, l'été :

  • Les bons mots de Jean Pruvost 

Tous les jours, Jean Pruvost s'aventure dans l’étymologie d'un mot bien choisi. Aujourd'hui, c'est le mot Vacances ! Retrouvez le texte en bas de cette page. 

  • La Gourmandise de l'été

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  • Ré-inventez votre été 

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Les bons mots de Jean Pruvost : Vacances !

Vacances, on y est presque pour les élèves, c’est ce soir. Et pour ceux qui partent en juillet, ça commence à sentir bon le repos, les loisirs, bref les vacances. Alors Jean, d’emblée, pourquoi je ne peux pas dire, c’est « la vacance » ? Est-ce que c’est un mot qu’on utilise d’emblée au pluriel ?

Eh bien oui, c’est une singularité, pourtant c’est le même mot, la vacance d’un poste d’un côté et les petites ou grandes vacances de l’autre. L’origine est bien la même : le verbe latin vacare, être vide, avoir du temps, et c’est de son participe présent vacans qu’a été tiré le mot vacance désignant d’abord, comme en latin, le vide, le manque. La première fois qu’on le rencontre en effet c’est en 1531 pour évoquer la « vacance » de la foi, mais aussi, comme on le lit-on dans un dictionnaire de 1680, « la vacance, c’est le temps qu’une église est sans prêtre » En 1594, le mot était attesté dans le vocabulaire de la justice, la « vacance » correspondant alors au moment où les tribunaux interrompent leurs travaux, et puis le mot pris au pluriel désigna le temps libre ainsi dégagé, et en 1623, au pluriel, ce sens passe désormais dans le domaine de l’école et de l’université. En somme la vacance de professeurs entraîne des vacances pour les élèves.

En fait, Jean, il faut attendre les congés payés, en 1936, pour que les mots vacances et vacancier prennent leur poids pour toute la population. 

Exactement. Et signalons que, le mot vacancier ne date que de 1925 et qu’à son époque il n’était pas apprécié, « mot nouveau affreux » dit un grammairien en 1925. En 1935, un autre grammairien déclare encore que « vacancier, utilisé depuis longtemps dans le Sud-Ouest, tend à gagner de proche en proche quantité de régions, et le voici qui pénètre jusqu’en première page des journaux parisiens. Quelle sera sa fortune ? » s’interroge-t-il. Eh bien, on a la réponse, il est devenu de première importance. Merci au Sud-Ouest de nous avoir légué ce mot. Et j’entends encore un de mes enfants qui, lorsqu’on lui demandait ce qu’il voulait faire plus tard, répondait : « vacancier » ! Il a réussi, au moins un mois par an...

Mots clés:
  • Humour