Replay du lundi 6 juillet 2020

On n’est pas à l’abri d’faire une bonne émission, l'été !

Bel été sur France Bleu
Bel été sur France Bleu © Getty

Aujourd'hui, dans "On n'est pas à l'abri d'faire une bonne émission, l'été" : 

  • Les (bons) mots de Jean Pruvost 

Aujourd'hui, discussions, divagations et excursions autour du mot : Farniente

  • La gourmandise du jour

Les Calissons d'Aix avecLaure Pierrisnard, Directrice Générale de la Confiserie Le Roy René

  • Ré-inventez votre été 

Jean Doridot vous propose de développer votre gratitude au Panthéon !

Les (bons) mots de Jean Doridot : Farniente

Au moment où vient l’été, avec confusément l’idée pour beaucoup que les vacances sont au programme, un mot étranger prend si on peut dire de la vigueur et va pouvoir se concrétiser le farniente. Et je remarque Jean qu’on ne le prononce pas à la française, farniante... Alors d’où vient ce mot et depuis quand est-il dans notre langue ?

Eh bien, ce farniente est prononcé en gros comme dans son pays d’origine, l’Italie et il est relativement transparent. On y retrouve le verbe « faire », fare en italien, et l’adverbe « rien », niente dans cette même langue. Et nos dictionnaires rappellent d’ailleurs que l’orthographe en français en est aléatoire, ce doux concept étant parfois orthographié en deux mots distincts, far, plus loin niente, avec ou sans trait d’union, mais le plus souvent tout de même en un mot. C’est moins fatiguant… Et la première trace écrite qu’on en est date de 1676, ce n’est donc ce n’est pas d’hier, Il figure en toutes lettres dans un courrier de Madame de Sévigné.

Madame de Sévigné ? Alors sous Louis XIV on pratiquait déjà le farniente…

Oui, et on a même la date de naissance du mot en français, par écrit, la lettre est en effet datée du 16 septembre 1676. Voici ce que Mme de Sévigné écrit à sa fille : « Ne soyez point en peine de mon séjour ici : je m’y trouve parfaitement bien ; j’y vis à ma mode ; je me promène beaucoup ; je lis, je n’ai rien à faire, et pour n’être point paresseuse de profession, personne n’est plus touchée que moi du far niente des Italiens ». En somme Madame de Sévigné est en vacances… On aurait pu croire que le farniente était contemporain de l’autre expression italienne, prononcée aussi à l’italienne, la dolce vita, qui a eu du succès au point d’entrer de plain pied dans nos dictionnaires. mais cette douce vie ne s’est répandue qu’en 1959 à travers le film de Frederico Fellini, La Dolce Vita. Bon, quel va être mon programme aujourd’hui ? Eh bien puisque le verbe existe, je vais farnienter, en pratiquant agréablement la dolce vita. Je rejoins mon hamac et je rêve que je suis en Italie !

Mots clés:
  • Humour