Replay du vendredi 10 juillet 2020

On n’est pas à l’abri d’faire une bonne émission, l'été !

Micro France Bleu
Micro France Bleu © Radio France

Aujourd'hui, dans "On n'est pas à l'abri d'faire une bonne émission, l'été" :

  • Les (bons) mots de l'été de Jean Pruvost : 

Plongée dans l’étymologie des mots bains et baignade

  • La gourmandise de l'été : 

Le piment d'Espelette avec Ramuntxo Pochelu, directeur de l’Atelier du piment à Espelette

  • Ré-inventez votre été : 

Libérer votre créativité à la Cathédrale de Metz avec Jean Doridot

Les (bons) mots de Jean Pruvost : Bain, baignade

Au mois de janvier, dans l’hémisphère nord, on n’est pas très enclin à pratiquer la baignade, mais au mois de juillet, c’est tout autre chose ! Un vrai plaisir que d’enfiler un maillot pour une bonne baignade en mer ou en rivière. Rien de mieux pour se rafraîchir. C’est un plaisir qui existe depuis toujours, alors le mot doit du coup être très ancien aussi, Jean ?

Eh bien contre toute attente, pas du tout, le mot baignade ne date en fait que de 1796, et on va constater que la baignade du XVIIIe siècle donne froid dans le dos et qu’on ne la souhaite à personne. En revanche, le bain, lui existe depuis 1080, et il désignait d’abord l’établissement où l’on se baignait, du latin balneum, qui en latin populaire donna baneum, d’où est tiré notre bain. Il désigna au départ l’endroit du Palais ou de la maison où l’on se baignait, puis vers 1100 ce furent les bains publics, et puis plus largement le lieu où se baigner, et l’on sait que dans les piscines on a distingué le petit bain du grand bain. Et puis est venue le mot baignade…

Un mot qui a eu des débuts effrayants, vous nous avez dit, Jean. Pourquoi ? 

Eh bien parce que lorsque le mot apparaît en 1796, voilà son origine, donnée dans un Vocabulaire portatif de l’époque : c’est « un mot aussi neuf que la chose, une invention du génie destructif des Jacobins. La baignade consistait à plonger plusieurs innocents liés ensemble dans la Loire ou dans la mer, par le moyen d’une barge… qui s’ouvrait tout à coup et faisait disparaître les victimes », dans les eaux profondes où elles se noyaient. Bien, non merci, pas de baignade de ce type, qui sous le proconsulat, exista dans quelques départements voisins de la Loire. Heureusement le mot baignade a pris ensuite un sens agréable, en parlant surtout de baignade en rivière, le mot désignant aussi le lieu de la rivière où se baigner. Alors en été, période propice aux rencontres amoureuses au bord de la plage, il est bon de rappeler l’anagramme du mot baignade…

Des lettres du mot à remettre dans un autre ordre, qui donnent quoi alors, Jean ?

Eh bien le mot badinage… Bon, je vais me baigner…

Mots clés:
  • Humour