Replay du vendredi 31 juillet 2020

Notre teint hâlé; les olives provençales et Angers, c'est au menu ce midi !

Avoir le teint hâlé, objectif de l'été ?
Avoir le teint hâlé, objectif de l'été ? © Getty

Aujourd'hui, dans "On n'est pas à l'abri d'faire une bonne émission, l'été" : 

  • Les (bons) mots de Jean Pruvost : Hâlé

On recherche tous ce teint hâlé de retour de vacances... Là on va plutôt essayer de trouver son étymologie avec Jean et vous allez voir que pendant son existence, le mot n'a cessé d'évoluer dans sa définition. 

  • La gourmandise de l'été : 

On parle des olives provençales ce midi avec Bruno Fleith, président du Brin d’Olivier

  • Ré-inventez votre été : 

Jean Doridot vous emmène à Angers pour y apprécier l'instant présent. 

Les (bons) mots de l'été de Jean Pruvost : Hâlé 

Pour les juillettistes, on est à la fin des vacances, hélas, mais pour les aoûtiens elles vont commencer ce samedi, les uns sont déjà bronzés, hâlés, et les autres le seront dans quelques jours. Alors pour bronzés, on voit bien le rapport avec la couleur dorée du bronze, mais hâlés, le hâle, pas facile à prononcer d’ailleurs, on n’en devine pas l’origine. Vous nous dites Jean ?

Allez, a deux l e z… je vais essayer. Être hâlé, avec un h, c’est aujourd’hui être joliment bronzé, mais quand le mot entre en français, au XIIe siècle, c’est d’abord, pour les végétaux, le fait d’être desséchés par le soleil. Et, la première fois que le mot est utilisé, il s’applique à un bâton, un bâton hâlé, c’est-à-dire sec. Ce ne sera qu’au XIIIe siècle qu’interviendra le second sens, avoir la peau brunie. La première définition qui en est donnée dans un dictionnaire, en 1680, « devenir noir à cause de l’ardeur du Soleil » avec pour exemple « Avoir le visage tout hâlé », n’est pas signe de fraîcheur. Et en 1690 Furetière d’ajouter que « les paysannes qui ont toujours le visage découvert & au soleil n’ont garde qu’elles ne se halent » Être bronzé alors, c’est d’abord un signe de pauvreté.

Mais d’où vient-il en fait, Jean, ce mot hâler.

Comme cela arrive quelquefois, il résulte du croisement de deux mots, le latin classique assare, faire rôtir, qui s’est amalgamé avec le hollandais, hael, avec un h qui nous est resté, signifiant desséché. Être hâlé, c’est donc d’abord déplaisant. Victor Hugo signale par exemple dans la Légende des siècles, que « Votre soleil d’Espagne m’a hâlé, Tellement que je suis tout brûlé ». Et Giraudoux fera dire encore à l’un de ses personnages en 1929, « Il sait que je me hâle affreusement l’été ». Ce n’est en fait que récemment que le hale, ce nom apparaissant au XVIIe siècle, est valorisant, associé aux heureux vacanciers ayant bénéficié du soleil et du grand air. Foncer mais pas dans le brouillard, c’est la définition du verbe hâler par les auteurs de mots croisés. Autre définition pour hâlé : « Beau teint mondain, b e a u, plus loin t e i n t, bien sûr. Eh bien oui, comment halez vous ? Avec un h ? au soleil de l’été bien sûr. Allons…

Mots clés:
  • Humour