Replay du dimanche 28 mars 2021

Saint-Exupéry, grand témoin de son époque

Des cercles littéraires au journalisme

Saint-Exupéry et Consuelo (son épouse) Brasserie Lipp à Paris le 1er janvier 1934
Saint-Exupéry et Consuelo (son épouse) Brasserie Lipp à Paris le 1er janvier 1934 © Getty - Jean-Gabriel Séruzier / Gamma-Rapho

Dans ce nouveau numéro d'"Objectif Ciel", place à une folle histoire sur les aventuriers qui ont créé l’Aéropostale. Une émission réalisée avec la complicité de Fabrice Cruz et Reine Morison du nouveau site historique culturel L’Envol des Pionniers à Toulouse-Montaudran.

Saint-Exupéry reporter

Après la période intense de l’Aéropostale qui l’a amené d’aventure en aventure en Afrique et en Amérique du Sud, Antoine de Saint-Exupéry aborde la trentaine dans une position pour le moins délicate. Entre 1931 et 1933, en effet, la compagnie est mise en liquidation, victime de la crise et de scandales politico-financiers, pour être finalement rachetée et intégrée à la nouvelle compagnie Air France.

Saint-Exupéry, qui a traversé tant de déserts aux commandes de ses avions, expérimente cette fois la traversée du désert au sens professionnel du terme. Il devient pendant quelques mois pilote d’essai pour Latécoère mais cette expérience tourne court après l’amerrissage raté d’un prototype dans la baie de Saint-Raphaël fin 1933. Désormais, sa vie d’aviateur s’écrira en pointillés, il gagnera sa vie en œuvrant pour la communication d’Air France.

Pierre Lazareff (Paris-Soir) pour qui St-Ex va travailler
Pierre Lazareff (Paris-Soir) pour qui St-Ex va travailler © Getty - Gamma-Keystone

Après l’obtention du prix Femina pour "Vol de Nuit" en 1931, Saint-Exupéry fait désormais partie du milieu parisien des lettres. Pourtant, sa carrière de romancier tourne elle aussi au ralenti et il ne publiera pas de nouveau livre avant 1939. Cela ne l’empêche pas d’écrire, et même d’écrire beaucoup : pour le cinéma, et surtout pour la presse. A cette époque, les grands journaux s’arrachent les signatures prestigieuses… et aventureuses qui font rêver leurs lecteurs, à l’image d’un Malraux ou d’un Kessel. Saint-Exupéry a l’avantage d’être à la fois un écrivain célèbre et un pilote populaire. Cela fait de lui une plume recherchée. D’autant plus recherchée que le public se passionne pour les histoires d’aviation et pour les exploits des pilotes qui rivalisent de courage pour battre des records et franchir de nouvelles limites. C’est comme ça qu’à partir de 1932, il multiplie les collaborations journalistiques. Saint-Exupéry trouvera avec ces piges un bon moyen de compléter ses revenus.

Le premier journal qui fait appel à lui est la revue littéraire Marianne, fondée par Gaston Gallimard. Dès le premier numéro, en octobre 1932, Saint-Exupéry collabore au titre dont il restera un contributeur occasionnel jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. Ses articles parlent principalement d’aviation et sont pour lui l’occasion de faire revivre sur le papier les années épiques de l’Aéropostale. Il en consacre plusieurs aussi à son ami Mermoz, à l’occasion de ses exploits et après la disparition tragique du pilote en 1936. A côté de cet exercice de chroniqueur, d’autres journaux vont bientôt lui demander d’aller sur le terrain pour des reportages...

Antoine de Saint-Exupéry
Antoine de Saint-Exupéry © Getty - Collection Bettmann

Prolongez ces aventures en visitant le nouveau site de légende à Toulouse : L'Envol des Pionniers.

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