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Illustration © Maxppp - Frederic Speich

Crise de la salade, trottoirs en marbre et chauffe-eau solaire, flash-back en 1982

Diffusion du lundi 13 janvier 2020 Durée : 2min

Le mal-être des agriculteurs catalans et l'espoirt de l'énergie solaire pour l'industrie perpignanaise, 1982 c'est comme si c'était aujourd'hui.

Commençons cette deuxième semaine de janvier 1982 par le prix que reçoit le peintre cérétan Emile Ramis. Et c’est un prix d’un concours de… photographie qu’il décroche en devançant 700 participants. Il obtient donc la médaille d’or du Prix de France catégorie photographie couleur pour une composition intitulée « Lecture à la Bougie ».

Le vendredi 8 janvier, les premiers coups de pelle retentissent dans la rue des Marchands à Perpignan. Objectif des travaux qui vont durer près de trois mois, réaliser des trottoirs. Ben oui. Et pas n’importe lesquels. « De larges trottoirs pavés de dalles de marbre », assure la mairie. Conséquence première (avant que l’on découvre que sous la pluie le marbre ça glisse), conséquence première donc, il n’y aura plus qu’une seule voie de circulation et le stationnement sera interdit.

Un train stoppé et des wagons en feu - Aucun(e)
Un train stoppé et des wagons en feu

Pour ceux qui en doutait, la crise agricole dans le secteur des primeurs ne date pas d’aujourd’hui. Et pour faire entendre leur colère, les agriculteurs des P.-O. mènent le samedi 9 janvier une opération commando plutôt osée. A 17h50 entre Rivesaltes et Salses, ils interceptent un train de marchandise en provenance de la gare de transit du Boulou au moyen de feux de bengale de la SNCF servant à signaler un danger sur la voie. Ils contrôlent une douzaine de wagons et balancent sur le ballast tomates, concombres et surtout salades. Ils mettent même le feu à un des wagons. Deux heures de retard pour les voyageurs et une crise loin d’être réglée. Des opérations coup de poing il y en aura bien d’autres. Pas plus tard que le lundi 11 janvier 1982 où cette fois, les agriculteurs organisent une opération commando sur l’autoroute. Ils y enflamment des pneus, stoppent les camions espagnols auxquels ils tentent là encore de mettre le feu. L’arrivée rapide des gendarmes stoppe l’opération. Ce n’est que partie remise. Mercredi 13 janvier 1982, rebelote sur un train de nouveau entre Elne et Ortaffa. Pendant ce temps, les négociations en préfecture achoppent. La guerre de la salade fera rage encore longtemps.

Pas joyeux, pas plus que les difficultés persistantes de l’entreprise Bella et la grève de la faim entreprise par les défenseurs de l’école maternelle de la Bressola. Ils sont six à réclamer ainsi une subvention digne au conseil général qui fait la sourde oreille.

L'hôpital du Sacré Coeur de Beyrouth - Aucun(e)
L'hôpital du Sacré Coeur de Beyrouth - Capture Facebook

On termine par une réussite industrielle catalane des années 80 avant qu’elle ne soit torpillée par EDF. En ce début janvier 1982, l’entreprise Solefil, pionnière des chauffe-eau solaires, déploie son savoir faire pour l’hôpital du Sacré Cœur de Beyrouth. Le Liban est alors en pleine guerre civile. 500 m² de panneaux capables de fournir 30m3 par jour. Si les clients libanais sont plus que satisfaits du rapport qualité prix du produit français, l’entreprise perpignanaise doit affronter la concurrence des Japonais et le manque d’enthousiasme et de soutien du gouvernement français. Aujourd’hui encore, malgré notre savoir-faire, la France peine à se faire une place… au soleil.

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Solefil a réalisé cette installation