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Photo d'illustration
Photo d'illustration © Radio France - Guillaume Clavaud

Des fouets à Sorède, Michel Hidalgo et une expédition punitive, retour en 1980

La relance de l'artisanat du micocoulier, un procès dont l'expert fait preuve de racisme anti-catalan, et Michel Hidalgo le sélectionneur des Bleus, c'est diversifié l'actu en décembre 1980.

Nous voilà revenu à la deuxième semaine de décembre 1980. Lundi 8 décembre, la date est mythique pour beaucoup et n’a rien à voir avec les P.-O. C’est en effet ce jour-là que John Lennon a été assassiné.

Alors évidemment, la relance d’une activité artisanale peine à se faire une place médiatique. Pourtant, très ancienne, elle faisait défaut depuis deux ans suite à la fermeture de la dernière usine. De quoi s’agit-il ? De la fabrication des cravaches, cannes et autres fouets en micocoulier à Sorède. C’est d’autant plus remarquable que c’est un CAT (centre d’aide au travail) qui reprend l’activité grâce à la persévérance du président du comité d’aide et placement pour adultes et jeunes handicapés, Monsieur Daniel, que le centre a vu le jour. Aujourd’hui, il fonctionne encore. Pour en savoir plus sur le CAT, suivez ce lien.

Le tribunal de Perpignan (illustration) - Radio France
Le tribunal de Perpignan (illustration) © Radio France - Guillaume Clavaud

Deux pistolets mitrailleurs, deux fusils de chasse à canon scié, un lot de revolvers et de pistolets automatiques, une quarantaine de cartouches, c’est l’arsenal qui s’étale dans la salle d’audience des Assises de Perpignan. On y juge, en 1980, les attaques en mai et juin 1975 de la boite de nuit canétoise le Baratyn’s club qui avaient fait un mort et deux blessés… dans les rangs des assaillants. Ils venaient tenter de récupérer une jeune fille que nous qualifierons poliment d’hôtesse. L’attelage hétéroclite de six « pieds nickelés » était composé d’Espagnols, de Toulousains et de Catalans avec parmi eux un homme en fauteuil roulant. Une histoire de dingue, mais ce qui l’est plus encore, c’est le rapport de l’expertise médico-psychologique sur l’un des Catalans. On y lit : « C.. est un catalan. Il fait partie d’une de ses populations flottantes à l’identité incertaine profondément altérée par les conquêtes et reconquêtes. » Le rapport évoque aussi « des inhibitions éthiques faibles dans cette ethnie méridionale, de légalité officielle pauvrement investie » et s’achève sur ces mots : « c’est dans le droit fil des habitudes de sa race ». Voilà voilà, tout ça en 1980 donc.

A l’approche des fêtes de Noël voilà qui n’est pas très catholique. Les vols se multiplient dans les églises et chapelles du département : Passa, Thuir, Céret, Prades, Argelès, Corneilla-del-Vercol, la liste est longue et la commission d’art sacré du diocèse s’en inquiète. « Nous demandons aux maires, curés, et à la population toute entière de prendre toutes les mesures énergiques qui s’imposent pour empêcher les malfaiteurs de piller systématiquement ce qui est le bien commun de tout un peuple. »

Pendant ce temps à Estagel, c’est de chaussée que l’on se préoccupe avec l’élargissement du pont sur l’Agly. La chaussée va passer de 5 à 7 m de large avec la création de deux trottoirs d’1 m de large. Investissement du conseil général, 1,65 millions de francs (à peine 250 000 euros). Aujourd’hui on ne ferait rien avec cette somme.

Allez, on termine par la page sportive. C’est que le 13 et 14 décembre, les P.-O. ont reçu la visite du directeur des sélections nationales de football. Un certain Michel Hidalgo qui amènera l’équipe de France en demi-finale du Mondial 82 et au titre de champion d’Europe 84. En attendant, après avoir offert des ballons aux écoles de foot et remis les diplômes aux éducateurs, il définit son sport : « c’est un art, un spectacle, une activité économique, une institution, une morale ». Pas sûr qu’aujourd’hui il aurait le même discours.