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Le Barcarès a bénéficié de la Mission Racine
Le Barcarès a bénéficié de la Mission Racine - Capture Google

Mission Racine, RN 116, l'aménagement du Roussillon déjà d'actualité en 1975

Diffusion du lundi 2 septembre 2019 Durée : 4min

Il y a 44 ans, Marie Casenobe soufflait ses 103 bougies au Soler tandis que Jean-Pierre Rives, 23 ans, séjournait à Port-Leucate. Anecdotique au regard des budgets consentis pour la mission Racine et l'aménagement - déjà ! - de la RN 116.

On fait marche arrière jusqu’en 1975 cette semaine. Tiens le 1er septembre, c’était un lundi. La saison estivale n’est pas encore terminée. Il y a de la star sur le littoral catalano-audois. A Port-Leucate, Jean-Pierre Rives, alias Casque d’or, le tout jeune et tout nouveau 3e ligne du XV de France (il a 23 ans) se détend en jouant au tennis avec des enfants du club local. Aux côtés de notre Jean-François Imbernon, il réalisera le Grand Chelem en 1977 et deviendra capitaine du XV de France en 1979. Un tout petit peu plus au Sud, à Port-Barcarès, c’est Mouloudji, l’auteur, entre autres, du Déserteur et de Mon Pote le Gitan qui dédicace ses disques.

Toujours au Barcarès, le vendredi 5 septembre 1975, on inaugure le complexe touristique « Les Portes du Roussillon ». C’est alors le plus grand complexe de tourisme social avec 2500 lits. Le projet a mis 9 ans à voir le jour et a nécessité 5 milliards d’anciens francs d’investissement (soit 7,6 millions d’euros.) Et c’est le fruit de la collaboration entre cinq associations d’éducation populaire. Le président du conseil d’administration explique alors : « C’est un projet qui s’affirme héritier des luttes et des conquêtes ouvrières et plus directement du droit au repos, du droit  à la culture populaire et volontaire. » Aaah les belles heures de l’éducation populaire et de l’aménagement du littoral du Languedoc-Roussillon. Eh oui aux premières loges des invités de marque de cette inauguration se tient Pierre Racine, le président de la mission gouvernementale. La fameuse mission Racine !

Un petit tour au Soler pour fêter le 103e anniversaire de Marie Casenobe alors doyenne des Catalans. Dans sa maison natale du 5, rue Arago , Marie reçoit un bouquet de fleurs des mains de Monsieur le Maire. En 1975,le maire du Soler c’est André Daugnac. Elle a la tchatche Marie et explique sa longévité :  « C’est la prière en catalan que m’a apprise le curé quand j’étais enfant et que je récite matin et soir qui me protège. » « Tous les jours, je lis L’Indépendant sans lunettes et je commence par la rubrique des décès. » Voilà. C’est pas compliqué de dépasser les 100 ans.  

Marie Casenobe lors de son 103e anniversaire - Aucun(e)
Marie Casenobe lors de son 103e anniversaire

La maison de Marie Casenobe et la boucherie sont toujours là

A quoi occupe-t-elle ses journées Marie Casenobe ? « De ma fenêtre du 1er étage, je comptabilise les clients de la boucherie d’en face. C’est mon petit-fils qui la tient », s’amuse-t-elle. Pour ses 103 ans, le protocole était sympathique, mais sobre. Rien à voir avec le passage du siècle en 1972. Voilà ce dont elle se souvient Marie : « J’ai reçu de bien grands honneurs. Il y avait la musique de Perpignan, les majorettes et j’étais assise entre Monsieur le Préfet et le maire. Ce jour-là, je m’étais dit que le préfet allait sûrement m’embrasser alors j’avais mis du sent-bon.. »

On termine par un serpent de mer bien connu des Catalans et des habitants de la vallée de la Têt : l’aménagement de la RN 116 ! Député des P.-O., André Tourné, a interpellé le ministre de l’Equipement, Robert Galley. Car la route se trouve « dans un état d’usure pour ne point dire de détérioration qui met en danger la vie des automobilistes et c’est une des nationales les plus dangereuses de France », dit le député. 

La RN116 vers Mont-Louis à la fin des années 50 - Aucun(e)
La RN116 vers Mont-Louis à la fin des années 50 - DR

Le ministre lui rappelle que les travaux sont inscrits au 6e plan quinquennal (Oui à l’époque on planifiait les investissements d’État), pour un montant de 38 millions de Francs (5,8 millions d’euros). Mais la crise pétrolière est là et le plan prend du retard. 44 ans ont passé et le tronçon Perpignan – Ille sur Têt est aujourd'hui confortable. C’est après que ça se complique… Déviation de Joncet ou encore de Marquixanes, tout n’est pas terminé loin s’en faut. A quand le prochain plan quinquennal ?

Merci au club cartophile catalan pour les cartes postales d'époque.