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La galerie Thérèse Roussel a fait le bonheur des amateurs d'art jusq'au décés de sa fondatrice
La galerie Thérèse Roussel a fait le bonheur des amateurs d'art jusq'au décés de sa fondatrice © Radio France - Guillaume Clavaud

Tableaux exposés, tableaux volés et œufs de poule, drôle de semaine en 1970

Diffusion du lundi 25 novembre 2019 Durée : 3min

Cette quatrième semaine de novembre 1970 est placée sous le signe de l'art pictural et l’œuf de poule ! Pas banal...

VEn 1970, vendredi 27 novembre, s’ouvre un espace culturel qui va marquer la vie picturale perpignanaise durant quatre décennies. Nous sommes place Hippolyte Desprès. Très précisément au numéro 7. C’est ici que s’installe la galerie Thérèse Roussel, un nom obligatoirement connu des amateurs d’art. A 18h, c’est son premier vernissage avec des œuvres de Camille Bryen. L’exposition est intitulée « Bryen en papier. » Thérèse Roussel exploitera la galerie jusqu’à sa mort en juin 2018.

Haut-lieu de l'art pictural et de la sculpture, la galerie Thérèse Roussel est aujourd'hui fermée - Radio France
Haut-lieu de l'art pictural et de la sculpture, la galerie Thérèse Roussel est aujourd'hui fermée © Radio France - Guillaume Clavaud

Quelques jours auparavant, le mardi 24 novembre, est dévoilé le rapport parlementaire sur « la régionalisation du budget d’équipement et d’aménagement du territoire ». On y traite notamment de la nécessaire industrialisation de la façade méditerranéenne de Nice à Perpignan. On y lit en particulier que « les régions Languedoc-Roussillon et Provence Alpes Côte d’Azur sont appelées d’ici à la fin du siècle à une mutation considérable qui peut les classer parmi les grandes régions économiques de la France de l’an 2000. » Youpi ! Mais non. Car les cartes annexées à ce rapport parlementaire concernant les implantations futures et les structures déjà existantes montrent une concentration autour de Toulouse et de Montpellier. Las, on se consolera avec le tourisme, c’est ce qu’évoque ce rapport. On s’en contentera et on s’en contente encore.

Record battu pour cette poule du Vallespir. 105 et 150 g pour ses oeufs - Aucun(e)
Record battu pour cette poule du Vallespir. 105 et 150 g pour ses oeufs

On n’est pas à Pâques, mais je vais vous parler d’œufs quand même. Ils ont été pondus par la poule de Monsieur et Madame Molas, résidant au lieu-dit Can Day à Arles-sur-Tech. Oui et alors ? Eh bien alors que le poids moyen d’un œuf de poule est de 60 g, ceux de la poule vallespirencque pèsent 105 et 150 g ! Vu que c’est la saison, on imagine l’omelette aux champignons. Photographe, Monsieur Molas les a immortalisés. Ils font la taille d’une boite d’allumettes familiale.

Voici le logo du centre universitaire de Perpignan en 1970 - Aucun(e)
Voici le logo du centre universitaire de Perpignan en 1970

Revenons un peu à l’art. Et pleurons sur une école qui n’est plus. L’école des Beaux-Arts de Perpignan, fermé en 2016 par la ville. En cette quatrième semaine de novembre 1970, c’est à un de ses étudiants, Bernard Doutres, que le centre universitaire de Perpignan (pas encore université autonome) doit son nouveau logo. Il a en effet remporté le concours organisé par la fac pour créer son blason car elle n’en dispose pas jusqu’alors. Aujourd’hui l’UPVD a son logo, l’école des Beaux-Arts, elle, n’a plus que des souvenirs.

Situé route de Casteil à Vernet, L'Alexandra fût un haut lieu de la Belle Epoque - Aucun(e)
Situé route de Casteil à Vernet, L'Alexandra fût un haut lieu de la Belle Epoque - Capture Google Earth

Allez on termine par une razzia de tableaux de maîtres (on reste dans le thème de l’art pictural) et de l’argenterie par des monte-en-l’air dans un hôtel de Vernet-les-Bains. Montant estimé du butin 7 millions de francs (un peu plus d’un million d’euros). L’Alexandra, c’est l’hôtel, a été victime de ce méfait à la veille de ce week-end de novembre 1970. Parmi ces œuvres, un portrait de George Sand signé Ingres, un Courbet et un Meissonier. Imaginez un peu leur valeur aujourd’hui. Agée de 75 ans, Anna White, la propriétaire de l’hôtel et donc des tableaux a bien entendu les chiens aboyer, mais elle n’y a pas prêté attention. Dans l’hôtel, elle, sa petite fille, deux clients et trois employés. Les tableaux n’étaient pas assurés et mal protégés. L’hôtel est aujourd’hui abandonné et en ruines.

Voici où se cache l'hôtel L'Alexandra, aujourd'hui en ruines