Replay du dimanche 22 novembre 2020

La Cour des Miracles : une affaire de troubadours !

Dans son roman "Notre-Dame de Paris", Victor Hugo décrit la Cour des Miracles comme LE lieu où se retrouvent les pires malfrats de la capitale. « Une verrue à la face de Paris » pour le citer.

Illustration mettant en scène "Talebot-le-bosssu - Un illustre polisson"
Illustration mettant en scène "Talebot-le-bosssu - Un illustre polisson" © Getty - DEA / G. DAGLI ORTI / Contributeur

Nans, entre nous, est-ce-que ce n’est pas un peu exagéré ?

Alors déjà, il faut savoir que sous l’Ancien Régime, il n’existe pas une, mais douze cours. Naturellement, les gens de la « haute » évitent de s’aventurer dans ces lieux de non-droit qui sont considérés comme de véritables coupe-gorge. 

L’expression “Cour des Miracles” provient du fait que de nombreux vagabonds arpentent tout au long de la journée les beaux quartiers en faisant mine de boiter ou en simulant des crises d’épilepsie, afin d’attirer la compassion et donc les pépettes des passants. 

Le soir venu, ce joyeux petit monde disparait et se retrouve dans les Cours des Miracles, autour d’un feu de joie, récupérant, comme par enchantement, leurs capacités physiques, leur santé… et leur bras en moins !

On imagine que ce feu de joie doit brasser du monde ?

Oui et du monde qui ne manque pas d’imagination ! On peut croiser les narquois (de faux soldats mutilés, sorte de gueules cassées avant l’heure), les francs-mitoux (les faux malades). Mes préférés sont sans aucun doute les orphelins : de jeunes garçons presque nus, chargés de paraître gelés et trembler de froid, même en été. 

Et quand est-ce-que leur sketch a pris fin ? 

En 1667, lorsque Louis XIV fait envahir la plus grande cour par ses troupes et ordonne l'évacuation du lieu. Les douze derniers doivent être pendus ou envoyés aux galères. Vous imaginez bien qu’Esméralda n’attend pas son reste : tous ces saltimbanques s’enfuient illico presto. Les rues de la Grande et de la Petite Truanderie perpétuent le souvenir de ces cours qui ne réunissaient finalement, et n’en déplaise à Totor, que des comédiens et des comédiennes de talent.

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