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des amis fachés © Getty - Halfpoint Images

Comment se réconcilier après une ancienne fâcherie ?

Diffusion du jeudi 30 mai 2019 Durée : 3min

Richard de Cachan nous pose la question suivante : « Je me suis disputé avec un ami il y a un an, à la suite d’une conversation très tendue. Il avait été très dur dans ses propos, et j’en ai été très blessé. Avec le recul, je me dis que j’aimerais bien me réconcilier avec lui mais le silence s’est installé entre nous. Auriez vous des conseils pour m’aider à renouer après autant de temps ? »

Qu’est ce qui nous empêche de nous réconcilier rapidement quand on s’est brouillé avec un proche ?

L’intensité de la blessure ressentie. Dans une brouille, d’un coté il y a l’acte commis par l’autre : ça peut être un mot blessant, ou un comportement inapproprié. Et de l’autre, il y a comment nous l’avons vécu et ressenti. Et parfois, nous avons été très blessé par le manque de bienveillance de l’autre à notre égard, nous avons ressenti une telle déception qu’il est difficile de passer outre. Nous avons besoin de temps pour prendre du recul et mesurer si nous avons envie ou pas de nous réconcilier avec l’autre.

On le sait tous aujourd’hui, rester brouillé longtemps, c’est entretenir des pensées négatives et des émotions désagréables qui sont mauvaises pour notre moral et pour notre santé. Sans compter que pendant le temps où nous restons fâchés, nous sommes privés d’une amitié qui nous apportait beaucoup par ailleurs.

Avec le recul, si vous envisagez de vous réconcilier, il est toujours possible de tenter des choses, d’initier la démarche, en faisant le premier pas, comme on dit. Une première solution, c’est de pratiquer ce qu’on appelle la réconciliation « implicite » : on renoue le contact sans faire allusion à ce qui s’est passé. Un peu comme le font les enfants qui rejouent ensemble après une dispute sans reparler de ce qui s’est passé.

Entre adultes, cela peut consister à proposer à l’autre une activité qu’il aime bien. Vous pouvez aussi faire un geste amical ( par exemple envoyer une carte pour son anniversaire ). Vous pouvez enfin solliciter un tiers pour qu’il facilite la reprise de contact par exemple à l’occasion d’une soirée ou d’un moment partagé avec des amis communs.

On peut aussi avoir envie de s’expliquer sur ce qui s’est passé pour mieux repartir : est ce que c’est aussi une bonne option ?

C’est la deuxième manière de faire Corentine. C’est ce qu’on appelle la « réconciliation explicite » : vous allez revenir sur ce qui s’est passé. Comme il y a un risque de raviver la douleur, et que la brouille reparte, soyez prudent sur cette manière d’agir. Vérifiez bienque vous n’êtes plus dans la colère ou dans la critique. Commencez par exprimer à l’autre vos regrets concernant cette dispute. Reconnaissez éventuellement vos torts, et reconnaissez à l’autre son point de vue.

Et si vous exprimez à l’autre une demande, soyez bienveillant et ouvert. La dernière option est un mix des deux réconciliations implicites et explicites : Vous pouvez profiter d’abord d’une occasion de retrouvailles avec des amis communs pour vivre un moment positif sans parler du passé. Et ensuite, le moment venu, choisissez de revenir prudemment sur ce qui s’est passé pour éclaircir les choses et repartir sur de bonnes bases.

Quelle que soit l’option que vous allez choisir, pensez aussi à tenir compte de l’autre car il a aussi besoin de temps et de recul pour savoir s’il est dans la même démarche que vous. La réconciliation est aussi une affaire de timing partagé. Il faut être deux pour se fâcher et deux pour se réconcilier.