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encaisser © Getty - Zave Smith - Corbis

Vous encaissez tout sans rien montrer ni rien dire

Diffusion du jeudi 6 décembre 2018 Durée : 3min

Fabien de Bobigny nous pose la question suivante : « Je ne me plains jamais, tout le monde me trouve souple dans le travail. Je suis apprécié pour ma capacité à voir les choses du bon coté. Pourtant, je ressens souvent des contrariétés, des déceptions et du découragement. Mais j’estime ne pas avoir à me lamenter quand je vois la vie de certaines personnes : comment expliquer cette habitude de ne rien montrer ? et comment en sortir pour être moi même ? »

Comment est ce qu’on peut expliquer le fait d’encaisser les choses sans rien dire, sans rien montrer ?

On le sait tous : ce que nous vivons nous impacte, et c’est logique d’avoir des ressentis par rapport à çà. Ces ressentis qu’on nomme nos émotions sont donc des indicateurs qu’il se passe quelque chose en nous. La question qui se pose à chacun d’entre nous est alors : qu’est ce que vous faites avec vos émotions ? Certains les écoutent, pour comprendre ce qui se passe en eux. Ils s’en servent pour réagir. Ils font ce qu’on appelle une gestion de leurs émotions. Pour d’autres, c’est plus compliqué ! Soit ils ont appris à se couper de leurs sensations, donc ils ont tendance à dire qu’ils n’ont pas d’émotions.  « moi ça ne me fait rien ». Soit ils ont conscience de ce qu’ils ressentent et ils ne savent pas quoi en faire. Soit ils ne veulent pas tenir compte de leurs ressentis. Donc ils ne montrent rien, ils ne disent rien.

Ce rapport à nos émotions résulte évidemment de ce que nous avons vécu, et appris dans notre enfance. Par exemple, quand l’enfant comprend que ses parents ne peuvent pas ou ne veulent pas accueillir ses larmes ou ses plaintes, ou sa colère. Il commence alors à s’habituer à ne plus les montrer. Ou alors il montre ce qu’il imagine qu’il faudrait montrer à la place (une autre émotion). Cela arrivait souvent avant, avec les petits garçons à qui on disait « un petit garçon , ça ne pleure pas ! ».

Et à coté de la sphère familiale, c’est souvent la société et la vie sociale qui valorise d’être fort, de ne jamais se plaindre ou montrer des émotions, ce qui s’apparente à de la faiblesse. Donc tout çà n’encourage pas les personnes comme notre auditeur à exprimer ce qu’il ressent à son entourage. 

Mais alors comment est ce qu’on peut réussir à exprimer ce qui ne va pas au lieu de tout garder en soi ?

Et bien, rappelez vous d’abord que dire ce qui ne vous convient pas, c’est pas nécessairement se plaindre. On peut exprimer ce qui ne nous convient pas d’une manière simple, authentique sans le faire sur un ton plaintif. Et vous pouvez ajouter à ce qui ne va pas, ce que vous voudriez : vous passez de la critique à la demande.

Rappelez vous aussi qu’exprimer vos sentiments, dire ce qui ne va pas, ce n’est pas un acte de faiblesse. Sortez de cette croyance. Les émotions sont des boussoles pour nous aider à agir. Donc les exprimer,les partager, c’est aussi investir la relation avec l’autre pour améliorer ce qui a besoin de l’être.

Et lâchez l’idée qu’en exprimant vos contrariétés, vous serez moins apprécié car vous risquez de déplaire. En fait, vous allez devenir plus vrai avec vous et avec les autres. Pour commencer, choisissez dans votre entourage une personne de confiance qui est capable de recevoir vos sentiments sans vous juger.

Ouvrez vous progressivement à elle,  et vous allez vous apercevoir qu’en évoquant ce qui ne vous va pas, vous allez vous sentir mieux. Quittez votre coté sphinx,  pour retrouver plus de spontanéité. Et vos relations seront plus équilibrées.

Enfin, rappelez vous qu’en laissant sortir les sentiments négatifs, vous éviterez sur le long terme les risques de somatisation, de déprime liés à l’accumulation de ce négatif non exprimé.  Donc acceptez de devenir plus expressif, ouvrez vous aux autres : vous avez beaucoup à y gagner !