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Un râleur
Un râleur © Getty - Ronnie Kaufmann - DigitalVision

Vous êtes un grand râleur

Diffusion du jeudi 13 juin 2019 Durée : 3min

Jean-Marc de Stains nous pose la question suivante : « J’ai une réputation de gros râleur. Je suis très critique par exemple,  pour la circulation, pour le comportement des gens, ou pour la qualité des programmes télé. Bref ! je râle souvent ! Je reconnais que mon attitude n’est pas très constructive ( c’est ce que me dit ma femme ) mais je ne peux pas m’empêcher de râler. Est ce qu’il y a des moyens pour changer quand on râle comme moi depuis longtemps ? »

À quoi ça correspond le fait de râler tout le temps ?

La première raison évidente, c’est bien sûr d’exprimer une insatisfaction. En râlant, on se soulage… même si ça ne résout pas vraiment les choses. C’est un réflexe acquis dans l’enfance et qui perdure quand quelque chose ne nous convient pas. Mais lorsque râler devient un comportement habituel, c’est que le râleur y trouve d’autres bénéfices que de se soulager. Par exemple, râler peut être une manière de créer du lien, d’engager la conversation. C’est ce qu’on appelle une fonction sociale.

Râler sur un sujet qui nous concerne tous, ( par exemple la mauvaise circulation à Paris ) au delà de se soulager, c’est fédérateur. Ça peut créer  une certaine complicité.

Il y a aussi dans la râlerie une fonction d’appartenance. On peut quelquefois se mettre à râler pour ressembler aux autres, et mieux appartenir au groupe. C’est le cas des enfantsqui copient l’attitude des parents pour se sentir intégrés.

Il y a aussi une fonction identitaire : devenir critique, être le râleur de service, c’est aussi se donner un rôle dans un groupe ou dans une famille. Le cas typique, c’est l’ado qui se met à tout critiquer systématiquement.

Dernier point : si le râleur se place aussi en victime, son but peut être d’obtenir plus d’attention, davantage de reconnaissance. Jusqu’au moment où il commence à fatiguer son entourage et que l’effet s’inverse. C’est là qu’il devient utile de commencer à changer les choses.

Pas facile de renoncer à tous ces bénéfices que procure le fait de râler, mais si on veut vraiment arrêter, comment est ce qu’on peut s’y prendre ?

Si vous avez décidé de ne plus râler, soyez d’abord conscient que ne plus râler, c’est d’abord une décision. Donc décidez le et observez vous. Ensuite, soyez très concret.  Au moment où vous commencez à vous entendre râler, allez plus loin que la critique habituelle. Par exemple, si vous vous entendez dire : « J’en ai marre de l’organisation au boulot en ce moment. C’est n’importe quoi ! » Allez plus loin, en vous demandant :

Dans cette situation qu’est ce je veux à la place et qui dépend de moi ? C’est le moment d’apporter votre contribution au changement. Est ce que vous allez proposer une nouvelle méthode ?

Est ce que vous allez suggérer d’en parler en réunion au lieu de râler dans votre coin ? C’est tout un travail de passer de je ne veux plus à voilà ce que je veux à la place.. Et c’est ce travail que je vous invite à engager progressivement.

Ensuite, pensez à vous faire du bien, avec des activités agréables pour vous. Emmagasinez du positif dès que c’est possible : Ca aide à mieux supporter les situations difficiles.Et vous râlerez peut être moins.

Enfin, mettez régulièrement votre attention sur des initiatives positives. Il y a aussi dans notre monde actuelle beaucoup d’actions positives initiées par des gens actifs et enthousisates. Apprenez à les repérer et à en parler autour de vous : Vous pourriez même décider d’y participer au lieu de râler, qu’est ce que vous en dites ?