Replay du mardi 21 septembre 2021

"Justice pour le vivant" : une action en justice pour sauver la biodiversité !

Deux associations lancent une action en justice contre le gouvernement pour son inaction face à l'effondrement de la biodiversité : "Justice pour le vivant".

Abeille morte
Abeille morte © Getty - Gregory Kurpiel / EyeEm

C'est une première mondiale ! Jamais encore une plainte n'avait été déposée contre un Etat pour inaction et carence fautive vis-à-vis de la protection de la biodiversité.
Jeudi 9 septembre dernier, se tenait à Marseille le Congrès mondial de la nature de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). A cette occasion, deux associations : "Notre affaire à tous" qui réunit des juristes et "Pollinis" qui œuvre pour la sauvegarde des abeilles et autres pollinisateurs, ont lancé une action en justice pour contraindre l’État Français « à agir pour la nature » et à œuvrer pour la protection de la biodiversité : "Justice pour le vivant".

Selon l’Union nationale pour la Conservation de la Nature (UICN), « la France figure parmi les dix pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées : au total, 1 742 espèces menacées au niveau mondial sont présentes sur son territoire, en métropole et en outre-mer ». 75 % des écosystèmes terrestres sont dégradés du fait des activités humaines selon l'IPBS (La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques).

Alors même qu'elles assurent près de 80% de la pollinisation de nos cultures en Europe, "selon les dernières études, 40% des espèces de pollinisateurs sont en voie d'extinction du fait des activités humaines" nous dit Julie Pêcheur.
De plus, cette extinction des espèces se fait à un rythme de plus en plus accéléré. Principale cause de cet état de fait et sur laquelle nous pouvons agir : l'usage des pesticides de synthèse en agriculture, devant la destruction des habitats, le manque de diversité florale (monocultures) ou encore les espèces invasives.

Papillon Sphynx colibri ou Moro sphynx butinant une fleur de Valériane
Papillon Sphynx colibri ou Moro sphynx butinant une fleur de Valériane © Getty - Gregory_DUBUS

De plus, l'association Pollinis s'est aperçue que les processus d'homologation des produits phytosanitaires sont insuffisants, souffrent de lacunes importantes pourtant identifiées par l'ANSES (Agence Nationale de Sécurité  sanitaire de l'Alimentation) et sont contraires aux obligation de conservation de biodiversité. "Les intérêts privés des grandes firmes agrochimiques priment systématiquement sur l'intérêt général et tous les milieux sont aujourd'hui contaminés par les pesticides (eaux en surface et en profondeur, air, poussières, sol..). Les molécules chimiques persistent parfois des dizaines d'années dans l'environnement et elles interagissent entre elles dans des proportions qu'on ne connaît pas et qui ne sont pas testées." Or, selon les études de Pollinis, si on associe un insecticide néonicotinoïde à un fongicide, la toxicité du néonicotinoïde est multipliée entre 10 et 50%. Aucun test non plus sur la toxicité chronique qui va tuer, pas tout de suite, mais décimer les colonies à terme (problèmes d'immunité, de reproduction, de perte d'orientation....

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