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Manu Chao à Rotterdam.
Manu Chao à Rotterdam. © Getty

Bella Ciao, symbole de toutes les révoltes

Diffusion du mardi 11 septembre 2018 Durée : 5min

Dans une scène de la série à succès « La Caza del Papel » le cerveau du casse murmure « Bella Ciao ». Il a suffit de ce court extrait pour que ce refrain que chantaient les antifascistes italiens lors de la seconde guerre mondiale devienne un tube planétaire 70 ans plus tard.

Bien avant de devenir le chant des partisans italiens, cette mélodie aux origines sans doute Yiddish, rythmait, au début du XXème siècle le travail des "mondines", ces ouvrières, paysannes qui piquaient le riz dans la vallée du Po. Elles chantaient alors la pénibilité de leur labeur et les longues journées passées dans les rizières.

Ce n’est qu’en 1944 que des résistants cantonnés dans le secteur de Bologne écrivent « Bella Ciao ». Un texte qu’Yves Montand enregistre dans sa version originale 20 ans plus tard.

Elle s’appelait Giovana Daffini, saisonnière dans les rizières de la vallée du Po dès l’âge de 13 ans, elle est la fille d’un violoniste ambulant. Épouse de musicien elle transmettra dans les années 30 ce chant militant lors des fêtes prolétaires et des réunions d’ouvrières. Lorsque la guerre éclate elle s’engage dans la résistance et le chant des "mondines" devient celui des partisans. Il est impossible aujourd’hui de recenser, quelque soit l’époque et le style, toutes les versions de « Bella Ciao ».  Il existe des adaptations de ce chant devenu au fil du temps symbole de toutes les révoltes dans toutes les langues et dans des genres parfois surprenants : techno, lounge, lyriques, profane et politique.  Il y a 20 ans Manu Chao l’enregistrait en espagnol en hommage au poète chanteur Adolfo Cedran, dont la version sortie en 1969 fut censurée par le régime de Franco.