Les séries France Bleu

Pop Story

Du lundi au vendredi à 15h50

© Radio France

Julien Clerc : La Cavalerie

Diffusion du vendredi 11 mai 2018 Durée : 5min

Une semaine spéciale Mai 68 dans Pop Story qui s'achève avec un tour des hits de cette même année avec Dutronc, Barry Ryan, Gilles Dreux et Julien Clerc.

Mais 68, les laitiers sont en grève, les banlieusards ne s'aventurent pas dans les gares faute de trains qui circulent et les travestis au chômage technique ne prennent même plus la peine de se raser "Il est 5 heures Paris s'éveille" et Dutronc, accompagné du flûtiste Roger Bourdin a beau s'égosiller sur les ondes, il y a bien longtemps, que, secoué par les charges de CRS, les cocktails Molotov et le vacarme des barricades, Paris ne ferme plus l'œil de la nuit.

Pour faire couleur locale le hit parade anglais exporte David McWilliams. Cet ouvrier métallo, qui a pas mal ferraillé comme ajusteur en usine aurait pu prêter main forte à ses camarades de chez Renault qui depuis, le 17 mai occupent les chaînes de montages de Boulogne Billancourt. Et pour faire un peu plus dans l'ambiance révolutionnaire, comme le jeune Cohn Bendit sur les barricades, c'est au mégaphone que McWilliams enregistre le refrain de "Days of Pearly Spencer".

Heureusement pour les romantiques, la voix profonde de Gilles Dreux fait bourgeonner les Hits parades de ce printemps 68 avec "Alouette, Alouette". Ce chanteur moustachu comme Che Guevara interprète une complainte venue d'Amérique du Sud, ce qui donne à la révolution du quartier latin un petit air de guérilla cubaine.

Le succès de Gilles Dreux permettra à un jeune artiste à peine sorti de la fac de se faire connaître du grand public. Nous sommes en pleine pagaille et pour éviter le silence des ondes, les radios font tourner en boucle les tubes du moment. Sans doute bluffé par la similitude du timbre de voix, un programmateur diffuse à l'antenne "La cavalerie" de Julien Clerc pensant jouer le dernier 45 tours de l'interprète d' "Alouette, Alouette".  Grâce au texte de Roda Gil, "La Cavalerie" deviendra la chanson de Mai 68 dont la formule "J'abolirai l'ennui" sera tagué en gros sur les murs de la Sorbonne.