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Bernard Lavillier en 2005 à l'Olympia.
Bernard Lavillier en 2005 à l'Olympia. © Getty - Alain BENAINOUS.

« La complainte du progrès » une satire de la société de consommation

Diffusion du vendredi 19 avril 2019 Durée : 6min

Au milieu des années 50, Boris Vian écrit « La complainte du progrès » avec pour sous titre : « Les Arts Ménagers ».

Cette énumération d’objets aussi indispensables qu’inutiles se moque du nouveau comportement des consommateurs avides de posséder toutes ces nouvelles babioles qui, au dire des publicitaires, vous rendront la vie plus facile. Sincèrement, qui, aujourd’hui peut se passer d’une tourniquette, d’un bel aérateur ou d’un pistolet à gaufres.

Satire de la société de consommation, héritière des 30 glorieuses, « La complainte du progrès » a aussi beaucoup œuvré, sans trop de succès, pour la reconnaissance du prénom Gudule. Sainte Gudule, patronne de Bruxelles que l’on fête le 8 janvier vécut au 7ème siècle. Pieuse, elle consacra toute son existence à Dieu, traversant la campagne à la lueur de sa lanterne, pour aller prier à l’église avant la levée du jour. Le grand Orchestre du Splendid grand fan de Boris Vian n’a pas manqué de lui rendre hommage avec ce fameux... Ha... Gudule.

En Italie AH Gudule est intraduisible, alors Giangilberto Monti véritable couteau suisse de la variété italienne le remplace par un Amore Mio plus facile et conventionnel. A noter au passage que cet artiste, en plus de Boris Vian, a déjà proposé à nos voisins des adaptions de Léo Ferré et de Serge Gainsbourg.

Après les 30 glorieuses et les débuts de la société de consommation moquée par Boris Vian, Bernard Lavilliers relance « La complainte du Progrès » au tout début de la décennie 80. Certes nos besoins ne sont plus les mêmes, mais dans cette période plus individualiste, où le citoyen cherche à se distinguer par les biens matériels et par tout ce qu’il possède, une nouvelle frénésie gagne le consommateur... Lavilliers, infatigable témoin de son époque reprend, comme un clin d’œil de l’histoire, cette satire de Boris Vian.