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Portrait de Nino Ferrer à Rome dans les années 1970.
Portrait de Nino Ferrer à Rome dans les années 1970. © Getty - Mondadori Portfolio

"La Rua Madureira" une chanson longtemps oubliée

Diffusion du mercredi 17 avril 2019 Durée : 5min

Si pour une grande majorité d’entre nous la Bossa Nova évoque la baie de Rio, les plages de Copacabana peuplées de belles naïades à la peau cuivrée, pour d’autres elle peut aussi évoquer une sorte de mélancolie pour ne pas dire profonde tristesse.

C’est sur ce rythme langoureux que Nino Ferrer enregistre la « Rue Madureira », qui reste comme la  chanson la plus plombante de son immense répertoire.

Madureira est un quartier pauvre mais très animé de Rio de Janeiro. Si animé qu’il est aussi, chaque année,  le poumon du Carnaval que célébrait dès les années 50 Dario Moreno dans sa chanson « Si tu vas à Rio... n’oublie pas de monter là haut...» Est ce le hasard ou phénomène de mode ? il semblerait qu’aujourd’hui, à l’image de Melvil Poupaud et Benjamin Biolay, toute une génération redécouvre cette chanson que le grand Nino Ferrer enregistrait il y a 50 ans.

On retrouve dans la mélodie de « La Rua Madureira » le thème d’une pièce du guitariste Antonio Carlo Jobim que lui même aurait emprunté au prélude N°4 de Chopin et qui ressemblerait encore, selon les fans  « Des demoiselles de Rochefort » à la chanson d’Andy interprétée dans le film par Gene Kelly. Emprunt ou pas, peu importe si un demi siècle plus tard la chanson garde son charme intact comme dans cette version de Stacey Kent.

Cette histoire dramatique d’un amour brisé dans un crash de Caravelle n’est qu’une fiction. Lorsque Nino Ferrer enregistre « La Rua Madureira », la Caravelle est le fleuron de l’industrie française. Un des avions les plus en pointe et les plus sûrs de son époque, malgré quelques tristes épisodes comme la disparition du vol 1611 Ajaccio Nice le 11 septembre 1968 qui aurait pu inspirer l’auteur de la chanson.

50 ans après, Nolwenn Leroy reprend la bossa triste de Nino Ferrer alors que les caravelles finissent de rouiller au fond des hangars et que dans  la Rue Madureira continue de battre le cœur de Rio et du Brésil.