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Michel Legrand à la Maison de la Radio le 11 janvier 2015.
Michel Legrand à la Maison de la Radio le 11 janvier 2015. © Getty - Julien Hekimian

Un moulin, une affaire, un Oscar

Diffusion du vendredi 3 mai 2019 Durée : 6min

Bloqué dans le montage de son film « L’affaire Thomas Crown » et à cours d’idées, le réalisateur Norman Jewison prend le large en attendant que Michel Legrand lui livre les premières partitions de la bande originale.

Tous espèrent que la musique du jeune compositeur français apportera l’inspiration nécessaire pour le bouclage de ce futur chef d’œuvre qui met en scène Steve Mc Queen et Faye Dunaway. 

C’est pour ce film que Michel Legrand signe les « Moulins de mon cœur », chanson qui sera « oscarisée » quelques mois plus tard...        « Les moulins de mon cœur » ou « Windmills of your mind », accompagne une scène mythique dans laquelle Steve Mc Queen fait des arabesques aux commandes de son planeur jaune. Pour ces images de vol à voile, le réalisateur avait demandé à Michel Legrand une mélodie légère et gracile du style  « Strawberry Field forever » des Beatles. Cette version originale, enregistrée en 1968 par Noël Harrison, fils du comédien Rex Harrison, sera reprise par Sting quelques années plus tard.

Un an après la sortie du film, en 69 la chanson est adaptée en français par l’auteur Eddy Marnay. Outre son compositeur Michel Legrand, toute une tripotée d’interprètes va reprendre à son compte ce tube interplanétaire. Parmi eux, Claude François, qui, justement, vient d’acquérir à Danemois dans l’Essonne un moulin datant du XIIème siècle. 

Après Maurice Jarre, Michel Legrand est le deuxième compositeur français oscarisé à Hollywood avec ce thème inspiré du concerto pour violon et alto K 364 de Mozart. Depuis 60 ans tout le monde ou presque a chanté ces moulins qui n’ont pas fini de tourner : George Benson, Barbra Streisand, Billy Paul, Nancy Sinatra et il y a peu de temps nos trois Soulmen, Bamy, Jay et Vigon rendait ce très bel hommage à ce refrain intemporel.