Replay du mercredi 5 juin 2019

Un sax à vous décupler le souffle

One Step Beyond ! Hurlaient les tribus de fans du groupe Madness à l’aube de nos années 80.

Sheffield au Royaume-Uni le 06 février 2011, Lee Thompson du groupe Madness sur scène de l'O2 Academy.
Sheffield au Royaume-Uni le 06 février 2011, Lee Thompson du groupe Madness sur scène de l'O2 Academy. © Getty - Gary Wolstenholme

Coiffé d’un chapeau mou et chaussé de pompes bicolores à plateforme, le danseur de ska claudique tel un échassier sous amphétamine sur les rythmes syncopés et quasi incontrôlables de cette musique dont l’origine remonte au milieu des années 60. Savait-il alors ce danseur désarticulé, que pour pondre leur tube, les 6 fêlés de Madness s’étaient largement inspirés de Prince Buster, un musicien célébré à la Jamaïque comme un des pères fondateurs du Ska.

Les musicologues les plus distingués vous diront que le Ska voit le jour à la fin des années 50 à la Jamaïque. Savant dosage de Calypso, de Jazz et de Rythm and blues, cette musique totalement débridée donnera naissance au Reggae et à toutes sortes de styles que des générations de musiciens, comme le groupe américain Inspecter 7, adapteront à leur manière.  

One Step Beyond !!!

Au début des années 80 ce titre est le cri de ralliement des disciples de Madness. Partout sur la planète émergent des nouveaux groupes chargés de propager le Ska et sa bonne parole. En Italie Statuto est le premier a proposer dans les hit parades,  « Un passo avanti », une traduction assez fidèle du « One Step Beyond » de Madness que l’on retrouve classé en Italie devant toutes les icônes de l’Italo Disco.

Le Ska de la Jamaïque malaxé et laminé par les premiers punks va donner naissance à la mode la plus bruyante et excentrique du début de nos années 80. Avec sa chorégraphie très athlétique qui consiste à imiter un sauteur de haies, le Ska dans sa version moderne secoue les charts planétaires et explose les dancefloors.
Quant à Madness seul groupe Ska anglais, parce qu’il est exclusivement formé de musiciens blancs, sera très vite, et contre son gré, récupéré par les ultranationalistes anglais proche des Skinheads,  mais ça c’est une autre histoire.

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