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11 novembre 1918, au pied du wagon dans lequel l'armistice a été signé.
11 novembre 1918, au pied du wagon dans lequel l'armistice a été signé. - Unknown-EU

L'interprète de l'armistice était picard. Mais qui était-il ?

Diffusion du mardi 6 novembre 2018 Durée : 2min

Jean-Mary Thomas de l'association Demucher, association pour la découverte des patrimoines matériels et immatériels régionaux et des faits historiques locaux, dresse le portrait de Paul Laperche, le traducteur lors de la signature de l'armistice.

Jean-Mary Thomas : "Le nom de Laperche est connu en Picardie parce que c'était un fabricant de serrures important de Friville-Escarbotin.  La famille Laperche s'est installée au château de Belloy sur mer, à proximité de Friville-Escarbotin en 1887. C'étaient les châtelains du coin, une famille parisienne au départ. Leur fils Paul Laperche celui qui donc va être interprète de Foch, a fait de brillantes études au lycée Janson-de-Sailly de Paris. Il a obtenu le premier prix au concours général de latin-grec, allemand. Il parlait aussi anglais donc polyglotte.

Il se destinait à une carrière dans le droit.  Il s'est trouvé qu'en 1910 venant à Friville-Escarbotin dans sa famille, il a rencontré une jeune fille qui était la fille d'un important fabricant de serrures : l'entreprise Depoilly,  qui date d'avant la Révolution française. Les Depoilly n'ont pas eu de garçons mais des filles qui sont devenus des Fleury.  C'est une fille Fleury qui s'est mariée Paul Laperche. Il est devenu donc PDG de la société qui a d'ailleurs gardé les trois noms : Depoilly-Fleury-Laperche. Après la guerre c'est devenu simplement Laperche mais on avait l'habitude toujours parler de Depoilly-Fleury-Laperche. 

Alors la famille Foch était amie du châtelain d'un village voisin,  les Laperche étaient aussi amis avec cette famille-là et ils se sont rencontrés.  Le général Foch voit l'évolution brillante de ce jeune étudiant qui parle donc 5 langues. Lors de la déclaration de la guerre en 1er août 14, Paul Laperche est mobilisé.  Son premier de travail d'interprète sera d'assister les médecins français qui interrogent les prisonniers allemands pour savoir un petit peu comment ça se passe dans les lignes et obtenir des renseignements."

Le capitaine Laperche a écrit un livre dans lequel il raconte, heure par heure, les négociations de la capitulation allemande : "Rethondes 8-11 novembre 1918".