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Mai 68 avec Jean-Pierre Garcia et Elise Bourgeois

Diffusion du lundi 14 mai 2018 Durée : 4min

Mai 68 en Picardie raconté par Jean-Pierre Garcia, manifestant à l'époque et Elise Bourgeois, des Archves départementales de la Somme.

Dans la Somme comme partout en France, mai 68 se vit entre assemblées générales, manifs et grèves. Côté manif Jean-Pierre Garcia, étudiant en droit à l'époque, se souvient du parcours de ces manifs, et particulièrement celle du 13 mai. Élise Bourgeois qui travaille aux Archives départementales de la Somme, raconte comment Claude Dewaele, un ouvrier de Ferrodo, va collecter absolument tout.

Claude Dewaele a la conscience au sein de l'usine qu'il est en train de se passer des choses historique et il veut garder la mémoire de ce qui se passe. Il va collecter absolument tout : les tracts, les affiches [...]Surtout il capte les discours qui ont lieu dans les usines.

Verbatim :
Jean-Pierre : "sur la place de l'hôtel de ville, elle faisait le tour dans le sens contraire des aiguilles d'une montre.  Elle passait devant la maison de la culture et selon la l'ampleur de la manif elle prenait les boulevards extérieurs ou elle prenait la rue des Jacobin, elle allait vers la gare et elle revenait. Là c'était une très très grosse manif le 13 mai et elle faisait pratiquement tout le circuit. La manif était pas partie de la mairie qu'elle avait déjà atteint la gare.  La maison de la culture était l'un des axes de passage. Parfois c'était là où la manif finissait pour libérer le centre et que la marche puisse le faire plus facilement."
Annick : "Il y a la mémoire des acteurs de mai 68 pour se souvenir et aussi quelques archives mais peu nombreuses."
Élise : "Annick je ne suis pas journaliste moi je suis archiviste et un petit peu historienne. Mai 68 c'était hier,  c'était il y a 50 ans. Les sources ne sont pas encore très nombreuses et puis mai 68 c'est une période où les sources notamment sur la contestation sont entre des mains privées, elles sont difficiles à collecter. Les sources que l'on va trouver sur Mai 68 aux archives départementales de la Somme, les sources  publiques, sont essentiellement des informations autour de la contestation, l'encadrement des manifestations éventuellement par la police . On va aussi trouver la presse aux archives départementales et notamment la relation par le Courrier picard des différentes manifestations. C'est là où on va s'apercevoir que il y a une différence de chiffres entre les manifestants annoncé officiellement par la police et ceux annoncés par les syndicats, les étudiants etc.  Ce qui est intéressant aux des Archives départementales, c'est un fond privé qui est fond d'archives  collectée sur le terrain par un ouvrier qui était à la zone industrielle Nord : Claude Dewaele. Iltravaillait chez Ferodo. Ferodo est une usine rentrée dans le mouvement assez fortement en mai 68 avec un contexte un peu particulier puisque il n'y a pas véritablement de syndicat à cette époque-là. Du coup l'usine se retrouve en autogestion, ce qui est extrêmement rare et ce qui est le seul cas avéré dans notre département. Ce système d'autogestion va faire que cette usine resta en grève extrêmement longtemps : 40 jours pratiquement jusqu'à la fin du mois de juin. Claude Dewaele a la conscience au sein de l'usine qu'il est en train de se passer des choses historique et il veut garder la mémoire de ce qui se passe. Il va collecter absolument tout : les tracts, les affiches, choses que nous avons extrêmement rarement parce qu'une affiche elle s'appose sur un mur et elle se détruit après, mais ça il le collecte aussi. Surtout il capte les discours qui ont lieu dans les usines. Là aussi, chose extrêmement rare parce que c'est un discours spontané, il n'y a pas forcément de journaliste, il n'y a pas forcément de captation, et là, Claude Dewaele a capté ces documents. Documents sur des supports assez anciens nous avons pu numériser, cinquantenaire oblige pour la mise à disposition."