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La maison de la culture d'Amiens
La maison de la culture d'Amiens - Iris

Mai 68 Jean Marie Lhôte est alors adjoint au directeur de la Maison de la culture d'Amiens

Diffusion du mercredi 9 mai 2018 Durée : 4min

Jean-Marie Lhôte était adjoint au directeur de la Maison de la culture en 1968.

En 1968 la maison de la culture d'Amiens a à peine 2 ans et est devenue le lieu emblématique en ce mois de mai. Que ce soit devant ou à l'intérieur, c'est là qu'on se réunit pour organiser la lutte.  Jean-Marie Lhôte est alors adjoint au directeur, le bras droit de Philippe Thierry. Il deviendra directeur de la Maison de la Culture en 1982. Il  a 92 ans aujourd'hui et sa mémoire est encore vive. 

Le comité d'organisation de cette réunion a décidé de s'ériger en contre-poids du conseil d'administration officiel et de dire "voilà, c'est nous qui allons organiser et décider de la maison de la culture"

Verbatim :
Jean-Marie : "Il y a eu un cabinet de réflexion pour la démocratisation de la maison de la culture qui s'est fait le 19 mai. A ce moment-là ils ont demandé au directeur qui était Philippe Thierry de pouvoir se réunir la maison de la culture. Cette grande réunion a donc eu lieu le 21 mai. Une réunion dans le grand théâtre. "  
Archive : "En effet, des étudiants, des ouvriers, des élèves du conservatoire, des professeurs et également des représentants syndicaux étaient présents dans la salle. Monsieur Thierry a exposé le débat et c'est ensuite Monsieur Berger, membre du comité de démocratisation de la MCA qui revendique de nouvelles structures pour cette maison commune."  
Jean-Marie :" La réunion évidemment houleuse, à la fin on ne voit pas très bien ce qu'il en sort. Et dans la nuit qui a suivi, à ce moment-là le comité d'organisation de cette réunion a décidé de s'ériger en contre-poids du conseil d'administration officiel et de dire "voilà, c'est nous qui allons organiser et décider de la maison de la culture". "  
Archive : "  Monsieur Berger, pouvez-vous faire le point sur cette revendication ? - Nous pensons qu'il faut ouvrir la maison de la culture aux travailleurs. D'abord bien sûr au niveau de ses prix, ensuite au niveau de son orientation et de sa conception.  Nous pensons aussi que pour que cette maison donne l'accès de la culture à des couches qui n'y ont pas accès actuellement pour des raisons politiques, économiques et sociales, qu'il faut que la maison de la culture soit gérée d'une façon démocratique."  
Jean-Marie : "Les deux ou trois jours qui suivent, il y a des réunions partout dans tous les lieux, ça foisonne. Il faut savoir que à ce moment-là, l'université n'existe pas.  Il y a des étudiants en droit en particulier à Dewailly et donc il y a deux pas à la maison de la cuture et c'est une activité formidable. On n'est pas triste, on est très bien."  .
Jean-Marie : "Philippe Thierry leur a dit : la maison est ouverte, vous venez. Jusqu'au moment où il y a des étudiants qui vont dans des lieux de la maison de la culture qui sont quand même des lieux techniques ou des lieux qui n'ont pas être ouverts et à ce moment-là le personnel de la maison de la culture décide de fermer la maison de la culture. C'est une question de sécurité, de protection des bâtiments et des instruments techniques et cetera. Il y a dans une nuit un groupe d'opposants, d'étudiants mais il n'y a pas que des étudiants,  il y a des ouvriers il y a tout le monde, qui entre dans la maison de la culture par infraction derrière, en cassant une vitre. A ce moment-là la police intervient et ils s'en vont très naturellement. Il n'y a aucun problème. Tout ça ça va très vite parce qu'on est déjà à la fin, au 29 mai et  c'est le 29 mai qu'il y a la dissolution de l'Assemblée nationale. A ce moment là tout s'arrête. Et donc la vie va reprendre tranquillement. "