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7h50 - 15h45

Au pied du wagon-salon du train de Foch où vient d'être signé l'armistice. Le maréchal Foch est au premier plan, second sur la droite, entouré par les deux amiraux britanniques Hope et Rosslyn Wemyss
Au pied du wagon-salon du train de Foch où vient d'être signé l'armistice. Le maréchal Foch est au premier plan, second sur la droite, entouré par les deux amiraux britanniques Hope et Rosslyn Wemyss - Anonymous_EU

Pourquoi c'est en forêt de Compiègne qu'a été signé le traité de l'armistice le 11 novembre 1918 ?

Diffusion du lundi 5 novembre 2018 Durée : 3min

Maxime Patte est historien et au micro d'Annick Bonhomme il raconte les raisons qui ont poussé les états-majors à choisir Rethondes, dans la forêt de Compiègne pour y signer l'armistice de la Première Guerre.

Il y a dans ce choix de lieu reculé, même si on est proche de Paris la volonté d'éviter d'humilier la délégation allemande.

Verbatim

Maxime Patte : "C'est vrai chère Annick qu'on pouvait s'attendre à l'époque à ce que ce soit un lieu plus visible qui soit privilégié par les futurs vainqueurs que la forêt de Compiègne pour signer l'arrêt des combats de la Première Guerre mondiale. Mais en réalité de nombreuses raisons sont avancées pour justifier le choix de l'état-major allié en faveur de la clairière de Rethondes en forêt de Compiègne. Dans un premier temps si c'est ce lieu qui a été choisi c'est avant tout pour répondre à un besoin très simple : l'état-major allié désire que cette signature se déroule dans un endroit isolé des regards et notamment de ceux des journalistes. Il y a dans ce choix de lieu reculé, même si on est proche de Paris la volonté d'éviter d'humilier la délégation allemande

Ensuite le choix de Compiègne est un symbole puisque cette ville est située en Picardie, terre qui a terriblement souffert de la guerre. Il s'agit de rendre en quelque sorte de rendre hommage aux populations  directement touchées soit par l'occupation allemande soit par les combats.

Enfin il fallait également que pour des raisons pratiques le site de signature puisse accueillir deux trains : un pour les alliés et un pour les Allemands, proche d'une source en eau pour alimenter le refroidissement des machines ferroviaires en fonctionnement. Je vous rappelle que l'on est en Picardie en plein mois de novembre."

Annick : "Cette signature d'armistice est donc réalisée dans un train aménagé pour les circonstances ?"

Maxime Patte : "Oui, c'est dans le wagon-restaurant de la délégation française aménagé pour les circonstances que l'armistice de la Première Guerre mondiale est signé dans la nuit du 10 novembre 1918 et il entre en vigueur dès le lendemain matin à 11h précises. Des représentants français britanniques et Allemands sont sur place afin de représenter les principaux participants de ce conflit, à l'image du commandant suprême des forces alliées Ferdinand Foch.

Sachez d'ailleurs pour la petite histoire, que le secrétaire du Maréchal Foch était tellement ému en dactylographiant la convention d'armistice qu'il plaça le carbone à l'envers ainsi auncun double n'était lisible. Il a fallu retaper à 5h du matin l'ensemble de la convention."

Annick : "Qu'est devenu ce wagon-restaurant de l'armistice ?"

Maxime Patte : "Après la guerre, dans les années 20, il est entreposé dans la cour des Invalides à Paris. En juin 1940, Hitler, friand des symboles fait replacer le wagon de 1918 dans la clairière de Rethondes afin d'y signer l'armistice qui marque la défaite française de la deuxième guerre mondiale. Hitler fait ensuite envoyer le wagon en Allemagne pour le brûler après avoir selon lui lavé la défaite allemande de 1918"