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Jean-Pierre Garcia
Jean-Pierre Garcia - www.viva-mexico-cinema.org

Mai 68 en Picardie - Lundi 7 mai

Diffusion du lundi 7 mai 2018 Durée : 3min

Rencontre avec Jean-Pierre Garcia, créateur du festival du FIFAM (Festival International du Film d'Amiens).

Rencontre avec Jean-Pierre Garcia, créateur du festival du FIFAM (Festival International du Film d'Amiens). En mai 68, Jean-Pierre a 20 ans et il est étudiant en droit. Il avait dejà une conscience politique puisque participant à l'UNEF et notamment des questions internationales (à l'époque c'est la guerre du Vietnam). Jean-Pierre se souvient aussi de sa rencontre avec Pierre Mallet, l'écrivain, alors recteur de l'université de Picardie.

"Il y avait des choses beaucoup plus terre-à-terre comme la réalité de la vie sur le campus et des droits que nous, étudiants, réclamions sur le campus"

Verbatim :  

Jean-Pierre : "J'étais déjà engagé un peu dans les activités d'étudiants puisque j'étais un des vice-présidents de l'UNEF  et je m'occupais de l'aspect international. Ce n'était pas peu dire à l'époque puisque on était en pleine guerre du Vietnam. . La guerre du Vietnam était l'un des grands axes d'action, de solidarité, de prise de conscience.  C'était en même temps l'un des axes de tension à l'intérieur des différentes formes de gauche."  
Annick : "Le mouvement a commencé à Paris le 22 mars 1968 est-ce que c'est le calme qui règne chez les étudiants à Amiens ?"  
Jean-Pierre : "Non ce n'était pas calme. Un certain nombre d'éléments des revendications étudiantes se sont retrouvés dans mai 68. D'autres ont surgi par ce mouvement : la créativité, l'inventivité, la force de ce mouvement bien après le 22 mars, disons fin avril-début mai.  Il y avait à l'époque le recteur de l'Université de Picardie qui était Robert Mallet,  écrivain, homme de de radio aussi et autre fois très important et très lié à la Picardie. Pour moi étudiant à l'époque j'ai eu une rencontre avec le bureau de l'UNEF avec le recteur Mallet. J'ai été frappé par le personnage.  C'était un grand monsieur, un grand bonhomme comme un aristocrate mais dans le bon sens du terme c'est-à-dire un homme des Lumières,  ouvert, prêt à écouter. Outre nos revendications sur le nombre de profs, la qualité et l'ouverture de certaines sections, l'importance accordée aux différentes facs : fac de médecine, fac de sciences et droit et lettre d'un autre côté, c'était quelqu'un de très ouvert. il y avait aussi des choses beaucoup plus terre-à-terre comme la réalité de la vie sur le campus et des droits que nous, étudiants, réclamions sur le campus. Aussi bien le droit de tenir certaine réunion d'information, on avait beaucoup insisté aussi sur le développement d'activités culturelles propres au campus. Il s'appelait le bailli à l'époque et il y avait la résidence ABC. C'était trois petites unités appelées à grandir encore. On demandait à pouvoir organiser des concerts de jazz... "
Annick : "A cette époque là, il n'y a pas grand-chose culturellement autour de la faculté ?"  
Jean-Pierre : "Il n'y avait pas de salle de cinéma par exemple. L'amphi 600 du campus n'avait pas encore été construit et tout ça c'était un petit peu compliqué. Mais il y avait des petites cafétérias avec des lieux où on pouvait développer des choses. Il y avait aussi la question du droit de visite des garçons chez les filles et des filles chez les garçons."