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Nomophobie
Nomophobie © Getty

Addiction au smartphone

Diffusion du jeudi 28 mars 2019 Durée : 2min

Le terme de nomophobie, ou phobie de se retrouver sans smartphone, a été élu mot de l’année 2018 par le dictionnaire de Cambridge. Et nous avons sollicité notre Doc France Bleu Occitanie, pour savoir si l’on pouvait réellement parler de phobie et si cette peur peut devenir une maladie ?

Il ne faut pas utiliser ce terme dans toutes les circonstances, même si comme le Dr CUTARELLA de Marseille je pense que dans certains cas il est adapté. De plus en plus de personnes sont "accros" à leur portable et sont paniquées à l’idée d’en être privées, c’est à dire d’être seules avec elles-mêmes, isolées de leur réseau social, sans internet. La peur d’être coupées des autres crée une préoccupation, une angoisse telle que cela envahit leur vie. 

Mais en réalité on fait souvent davantage référence au trouble associé à cette phobie qu’est l’addiction qui se caractérise par une pulsion, un besoin de consulter son portable. Dès le réveil ces personnes ont recours à leur smartphone pour chercher des informations et/ou échanger.  Ce sont souvent des personnalités anxieuses, mais le smartphone va aggraver les choses. Cela concourt à induire une dépendance à l’information, qui renforce l’anxiété. Un trouble addictif peut ainsi se développer, qui va bien au-delà de l’utilisation d’un téléphone. Aujourd’hui d’ailleurs, les jeunes ne se servent quasiment plus de leur smartphone pour téléphoner, mais pour communiquer par les réseaux sociaux, s’envoyer des messages, faire des jeux, se filmer.

Mais peut-on, là encore, parler réellement d’addiction dont nous avons récemment dit ici qu’il s’agissait d’une affection cérébrale ?

En effet, l’addiction se définit par un besoin irrépressible de consommer un produit ou d’adopter un comportement particulier, associé à un sentiment de manque, une anxiété envahissante quand nous sommes privés de ce produit ou de ce comportement. Ces critères se retrouvent de façon similaire dans l’addiction au smartphone et dans l’addiction au jeu, aux substances illicites ou au sexe.  Lorsque l’utilisation du smartphone devient omniprésente, empiète sur la vie, conduit à renoncer à ses activités habituelles, comme le sport, les sorties avec les copains, il faut essayer de réguler son usage et il est important alors d’apporter un soutien pour éviter de voir apparaître des symptômes anxieux liés à la frustration.

Et vis-à-vis des parents d’ados accros à leur portable quels conseils leur donner ?

Surtout ne pas entrer dans la confrontation car c’est voué à l’échec. Les parents doivent accepter que cela prenne un peu de temps pour que l’adolescent devienne conscient de la place qu’occupe le smartphone dans son quotidien et ainsi de modifier son comportement. Déjà il faut qu’eux-mêmes montrent l’exemple (par exemple en ne recevant plus de mails professionnels à la maison). Il faut qu’ils s’appuient sur les structures éducatives qui interdisent le portable dans les établissements et qu’ils aient recours à leur médecin traitant pour mettre en place des thérapies comportementales.