Toutes les émissions

Prenez soin de vous

Du lundi au vendredi à 9h40

Endométriose
Endométriose © Getty

Endométriose

Diffusion du jeudi 30 mai 2019 Durée : 2min

Sous-estimée, mal diagnostiquée, l'Endométriose reste une maladie taboue. Pourtant, elle touche des millions de femmes en âge de procréer et son diagnostic est généralement posé seulement sept ans après les premiers symptômes.

Le signe qui ne trompe pas est la douleur intense ressentie lors des règles. Si une femme a mal au point de devoir rester allongée chez elle, de faire des malaises ou de s’absenter de son travail ou de son école, il y a de fortes probabilités pour qu'il s'agisse d’endométriose.

Les douleurs menstruelles ne doivent jamais être banalisées. Si elles ne sont pas soulagées avec la prise de paracétamol ou qu’elles sont handicapantes depuis les premières règles, il faut impérativement consulter. Si l’intensité des douleurs est évaluée au-delà de 6 sur une échelle de 0 à 10, la suspicion d’endométriose est très forte. De même, si la patiente ressent des douleurs dans le bas ventre lors des rapports sexuels ou juste après, il s’agit d’un signe très fiable d’endométriose. Cette douleur est parfois sous-estimée car considérée comme normale lors d’une pénétration, alors qu’il n'en est rien.

Mais c’est quoi l’endomètre qui donne son nom à cette maladie ?

L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. À la fin du cycle menstruel, s’il n’y a pas eu fécondation, une partie de l’endomètre (qui se renouvelle constamment) est évacuée avec les saignements. 

Enfin, il faut savoir que l’endométriose est la première cause d’infertilité chez les femmes. C’est souvent lorsque les couples consultent pour des difficultés de procréation que le diagnostic de la maladie est établi.

Comment faire alors lorsque l'on présente ces symptômes ? 

Il convient d’en parler à son médecin traitant qui orientera vers un médecin spécialisé dans l’endométriose car il faut impérativement faire une échographie pelvienne endo-vaginale pour dépister la maladie, mais il faut que le professionnel soit formé pour la détecter sur des images. Malheureusement, les centres spécialisés sont encore peu nombreux en France et les délais d’attente sont plutôt de 2 à 4 mois en ville, contre un an dans certains centres spécialisés dans les hôpitaux.

Enfin, il est important de noter qu’il n’y a pas de traitement permettant de guérir l’endométriose. Seule la ménopause y met un terme définitif après des années d’antalgiques.

Récemment, la ministre de la Santé Agnès BUZYN a réaffirmé sa volonté d’apporter des réponses concrètes avec une prise en compte de l’endométriose débutant lors des nouvelles consultations médicales désormais obligatoires pour les jeunes filles de 11-13 ans et celles de 15-16 ans. C’est en effet à l’adolescence, au moment des premières règles, que l’endométriose se déclenche et doit être détectée.

Ainsi, médecins généralistes, gynécologues, sages-femmes, chirurgiens et psychologues seront amenés à collaborer au tour de cette pathologie, dans une « filière endométriose » régionale assurant le lien entre ces professionnels ; les agences régionales de santé étant chargées de mettre sur pied ces groupes d’ici à la fin de l’année. Espérons enfin en une prise en charge efficace !