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Fumeuse
Fumeuse © Getty

Femmes fumeuses

Diffusion du mardi 8 janvier 2019 Durée : 1min

Jusque dans les années 1950, fumer était une pratique marginale chez les femmes. Mais les comportements évoluant, elles sont progressivement entrées dans le tabagisme dans la seconde moitié du siècle dernier, pour atteindre aujourd’hui un niveau de consommation proche de celui des hommes

Le tabagisme est la première cause de décès évitables et il est associé à un fardeau sanitaire considérable. Et les femmes n’échappent plus à la règle. Car elles sont devenues la cible privilégiée des industries du tabac et que celles-ci ont usé de tous les artifices marketing pendant des décennies pour promouvoir leur produit auprès des femmes. 

En développant une image glamour et raffinée à travers la mode, la publicité, le cinéma ou la télévision, l’industrie du tabac s’est employée à façonner une image sociale positive de la cigarette auprès des femmes. Utilisant à leur avantage la pression sociale à rester minces pour les femmes, les publicitaires ont même présenté la cigarette comme un moyen de contrôle de leur poids. Enfin, les publicitaires ont aussi utilisé l’argument de leur émancipation, pour inciter les femmes à fumer comme un moyen d’affirmer symboliquement leur égalité avec les hommes. 

En France comme ailleurs, la conséquence de ce changement de comportements a été une progression de la prévalence du tabagisme féminin et, ainsi, en 2017, 24% des femmes de 18 à 75 ans déclaraient fumer quotidiennement contre 30% des hommes et cette tendance est relativement stable depuis les années 2000.

Or sur le plan de la santé, il a été montré que, pour une même quantité de tabac consommée, les femmes avaient un risque de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et d’infarctus du myocarde plus élevé que les hommes. Ainsi, l’intoxication tabagique est le premier facteur de risque cardiovasculaire de la femme non ménopausée. Et chez les femmes qui associent tabac et pilule contraceptive, le risque de problèmes vasculaires augmente significativement. 

Enfin, le tabagisme est aussi associé au risque d’infertilité féminine et est à l’origine de nombreuses complications survenant pendant la grossesse ou après l’accouchement.

Pour l’avenir et malgré les campagnes nationales de prévention, le niveau élevé du tabagisme chez les femmes laisse présager un accroissement du fardeau lié à ces pathologies pendant encore plusieurs années ; en sachant que l’estimation de ce fardeau lié au tabagisme ne prend pas en compte la dégradation de la qualité de vie chez les fumeuses.

Mon conseil aux femmes qui auraient pris la très bonne résolution en début de nouvelle année d’arrêter de fumer c’est de vous rendre à une consultation spécialisée de sevrage tabagique (comme l’unité de coordination d’aide au sevrage tabagique existant au CHU de Toulouse-Larrey) car il apparait de plus en plus clairement qu’une approche de l’aide à l’arrêt du tabac chez les femmes ne doit pas être standardisée mais doit tenir compte des différences dans les processus d’addiction au tabac et de sensibilité aux traitements existants entre les hommes et les femmes. Et, n’oubliez pas, fumer tue.