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Incontinence urinaire
Incontinence urinaire © Getty

Incontinence urinaire

Diffusion du lundi 10 juin 2019 Durée : 2min

L’incontinence urinaire, qui concerne quasi exclusivement les femmes, est définie comme une perte involontaire d’urine. Elle affecte près de 17% des femmes non enceintes. Sa prévalence augmente avec l’âge, principalement après la ménopause

On distingue plusieurs types d’incontinence urinaire. 

1.       Celle dite de stress survient lors d’efforts, d’éternuements ou de toux. 

2.       L’incontinence dite d’urgence est caractérisée par une envie soudaine d’uriner, difficile à surmonter.

3.       Enfin, celle dite mixte associe les deux. 

Et elles se soignent pareil ?

Des thérapies non pharmacologiques et pharmacologiques sont disponibles. Les premières visent à modifier des comportements et à renforcer le plancher pelvien tandis que les secondes ont pour objectif l’amélioration de la fonction vésicale et du sphincter urétral.

Une revue systématique de la littérature médicale, portant sur les bénéfices cliniques et les effets délétères des différents traitements, a concerné 84 essais cliniques randomisés qui ont été sélectionnés car comportant un échantillon minimum de 50 femmes et un suivi d’au moins 4 semaines et où 14 catégories de soins ont été analysées. 

Les résultats principaux selon le type d’incontinence sont :

-          Pour, l’incontinence de stress, les thérapies comportementales, associées ou non à une hormono-thérapie, apparaissent plus efficaces que les traitements hormonaux administrés isolément.

-          Pour l’incontinence d’urgence, en première ou deuxième intention, les thérapies comportementales sont, statistiquement, plus efficaces que les anticholinergiques pour parvenir à une guérison ou une amélioration. En 3e intention, l’injection de toxine botulinique s’est montrée plus efficace que la neuro-modulation pour obtenir une guérison complète.

Les résultats de cette revue systématique publiés à la mi-mars 2019 rejoignent ceux d’études précédemment publiées dans la littérature médicale mais sont plus précis, après analyse distincte des différents types d’incontinence urinaire et des interventions thérapeutiques envisageables. 

En synthèse il est possible de retenir 4 éléments principaux :

1.       la plupart des interventions citées sont plus efficaces qu’une intervention fantôme ou que l’absence d’intervention, à l’exception de l’hormonothérapie et des agents de renforcement péri urétral qui n’ont pas paru, statistiquement, très efficaces.

2.       en second lieu, les thérapies comportementales, seules ou en association, semblent plus bénéfiques que les autres monothérapies de 1e ou 2e intention.

3.       en troisième lieu, on doit garder à l’esprit que les traitements pharmacologiques peuvent être la cause d’effets secondaires légers mais gênants, à type de sécheresse buccale, de nausées, de fatigue…

4.       enfin, le recours à la toxine botulinique, à la neuro-modulation et au renforcement de la pression intra vésicale ont, souvent, une efficacité plus grande que les autres approches thérapeutiques.

Mon conseil : comme l’incontinence peut entraîner des dommages physiques et psychologiques, gêner la vie sociale et imposer de notables restrictions dans le mode de vie des femmes, elles ne doivent pas hésiter à en parler à leur médecin traitant qui saura les orienter vers un spécialiste pour une prise en charge adaptée et coordonnée.