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Chez le medecin
Chez le medecin © Getty

La prostate

Diffusion du vendredi 29 mars 2019 Durée : 2min

L’Association française d’urologie vient de publier un rapport sur l’hypertrophie bénigne de la prostate, qui détaille la prise en charge et nous avons demandé à notre doc France Bleu Occitanie le Docteur Jean-Louis Ducassé de nous en dire plus.

L’hypertrophie bénigne de la prostate se caractérise par une augmentation de la taille de la prostate. Augmentée de volume, elle comprime l’urètre tout en faisant pression sur la vessie, ce qui provoque un besoin fréquent d’uriner et divers problèmes lors de la miction, comme un débit plus faible et intermittent, voire des douleurs.

Combien d’hommes sont concernés par cette hypertrophie bénigne de la prostate ?

Environ 2 millions d’hommes en France, et chaque année 100 000 nouveaux cas de troubles urinaires liés à cette pathologie sont constatés. Presque tous les hommes en sont sujets en vieillissant. Ainsi plus de 50 % des hommes âgés de 60 ans en sont atteints et 90 % de ceux de plus de 80 ans. Cependant, tous n’en souffrent pas puisque l’on estime qu’il n’y a qu’un 1 homme atteint sur 2 qui est incommodé par des symptômes urinaires.

Ces symptômes sont habituellement des envies d'uriner de plus en plus fréquentes (d’abord nocturnes, puis diurnes), une faiblesse du jet urinaire, un effort pour amorcer le premier jet urinaire, une intermittence du jet (par à-coups), une sensation de ne pas vider complètement la vessie et quelques fois des mictions douloureuses et la présence de sang dans les urines.

Selon les recommandations de l’association française d’urologie, on conseillera au patient de ne pas boire plus de 1,5 à 2 l d’eau par jour, d’éviter une prise de boissons le soir, et d’uriner avant de se coucher. A ces premières recommandations sera associée une importante hygiène de vie. Il est ainsi conseillé d’avoir un régime alimentaire moins énergétique comportant moins de viandes rouges et de produits laitiers et suffisamment de légumes riches en caroténoïdes (tomates, carottes…). Quatorze études ont, par ailleurs, souligné que, l’activité physique a des effets favorables sur les signes cliniques sur l’hypertrophie bénigne de la prostate même si les différents mécanismes sont mal explicités.

Et bien sûr Doc cela se soigne ?

Oui avec un traitement médical pour diminuer le volume prostatique et corriger une éventuelle dysfonction érectile associée et si nécessaire une intervention chirurgicale sera indiquée. Elle a bien évolué puisque à côté des techniques habituelles comme la résection trans-urétrale de prostate il se développe aujourd’hui des alternatives mini-invasives dont l’un des objectifs est souvent de préserver la sexualité et qui offrent aussi l’avantage de pouvoir éventuellement être réalisées sous anesthésie locale en une dizaine à une vingtaine de minutes.

Mon conseil messieurs est de ne pas hésiter à parler à votre médecin des petits signes de gènes urinaires afin qu’il vous oriente vers un médecin spécialiste, un urologue, avant que ne surviennent des complications plus pénibles comme la douloureuse rétention aiguë d’urine ou les infections urinaires.