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Le cerveau et les addictions

Diffusion du vendredi 15 mars 2019 Durée : 2min

Docteur Jean-Louis Ducassé, nous terminons ce vendredi les chroniques du Doc France Bleu Occitanie consacrées à la semaine nationale du Cerveau et vous avez souhaité nous parler de l’Addiction qui je le rappelle a été le sujet de la conférence inaugurale du programme national ce lundi à Paris.

En effet les addictions sont considérées aujourd’hui comme des pathologies cérébrales définies par une dépendance et un usage compulsif d’une substance ou d’une activité, bien souvent malgré la connaissance de ses conséquences délétères, sur la santé physique, le comportement social, et la santé mentale. 

Les addictions les plus répandues concernent le tabac et l’alcool. Viennent ensuite le cannabis et, loin derrière, les opiacés (héroïne, morphine), la cocaïne et les amphétamines. 

Il existe également des addictions liées à des activités (et non à des substances), comme les jeux d’argent. Les usages intensifs de jeux vidéo, de smartphone, l’hyperactivité sexuelle ou professionnelle ne sont pas, à ce jour, considérés comme d’authentiques addictions car on ne dispose pas de données scientifiques convaincantes.

Y a-t-il une tranche d’âge plus exposée que d’autres ?

Des dépendances peuvent survenir à tout moment de l’existence, mais la période de 15 à 25 ans est la plus propice à leur émergence. Le comportement à risque des adolescents et des jeunes adultes facilite en effet les premières expériences, et l’usage précoce de drogues expose à un risque accru d’apparition d’une addiction par la suite. Et, dans l’ensemble, les hommes sont souvent plus concernés par les addictions que les femmes.

Comment est-ce diagnostiqué et peut-on traiter une addiction ?

Le diagnostic de l’addiction repose sur des critères bien définis comme la perte de contrôle de soi, l’interférence de la consommation sur les activités du quotidien ou encore la poursuite de la consommation malgré la prise de conscience des troubles qu’elle engendre.

Lorsqu’elles ne sont pas soignées, les addictions peuvent avoir une issue sévère, voire tragique. Celle-ci peut être directement liée à l’usage excessif de la substance (overdose, coma éthylique) ou provoquée par les effets secondaires à long terme (nombreux cancers associés à la consommation d’alcool et de tabac, troubles neurologiques et psychiatriques des consommateurs réguliers de drogue, …).

La prise en charge d’une addiction est multidisciplinaire : elle repose le plus souvent sur l’association d’un traitement médicamenteux, d’une prise en charge psychologique individuelle et/ou collective et d’un accompagnement social ; car tous les individus ne sont pas égaux face aux addictions et les déterminants sociaux comme l’environnement social jouent un rôle déterminant dans ce domaine. 

Pour terminer et comme cela été évoqué durant cette semaine du Cerveau, la recherche fondamentale sur les bases neurobiologiques des addictions progresse tous les jours permettant d’espérer une meilleure efficacité dans leur prise en charge