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Médicament © Getty

Les médicaments à éviter

Diffusion du jeudi 4 avril 2019 Durée : 2min

C'est un rendez-vous rituel. Chaque début d'année, la revue médicale indépendante PRESCRIRE dresse le bilan des médicaments plus dangereux qu'utiles et nous avons demandé à notre Doc France Bleu Occitanie, le Docteur Jean-Louis Ducassé de décrypter ce bilan.

En ce début 2019, plusieurs spécialités ont été ajoutées à cette liste noire des médicaments qui est établie après une analyse précise des effets bénéfiques et des effets indésirables ou graves … et je vais me permettre d’en extraire 5 de cette liste qui en comporte plus de 90 :

1.      Le DECONTRACTYL (méphénésine) est un « myorelaxant » autorisé en traitement d'appoint des contractures musculaires douloureuses mais son efficacité n’est pas supérieure à celle d’un placebo. En conséquence, ses effets indésirables (dont des somnolences et des vomissements) sont disproportionnés. Même en crème pour application locale (Décontractyl baume), cette substance peut provoquer des atteintes graves de la peau.

2.       Un sirop anti toux bien connu des familles à base d’oxomémazine (TOPLEXIL, HUMEX Toux sèche), est également un sédatif, qui entraîne somnolence et baisse de la vigilance. Sa notice témoigne du grand nombre et de la variété des autres problèmes qui peuvent être provoqués par ce médicament : troubles de la mémoire ou de la concentration, vertiges, tremblements, confusion, sécheresse de la bouche, troubles de la vue, rétention d'urine, constipation, …

3.      La cimétidine (marque générique) est habituellement autorisée pour le traitement du reflux gastro-œsophagien (brûlures d’estomac). PRESCRIRE propose de l’écarter car elle expose à plus d'interactions médicamenteuses que d'autres médicaments de la même classe (dits « antihistaminiques H2 ») tels que la ranitidine/AZANTAC. 

4.      Enfin, PRESCRIRE recommande d’éviter le RECTOGESIC (trinitrate de glycéryle) qui est une pommade utilisée dans les fissures anales et ce en raison de sa faible efficacité au regard de forts maux de tête qu’elle induit.

Le bilan des médicaments est aussi l’occasion de distribuer des bons points aux nouveautés pharmaceutiques qui le méritent. Quel produit peut être mis en avant en ce début 2019 ? 

Et bien aucune substance active n’ayant apporté un progrès thérapeutique majeur, aucune « Pilule d’or » n’a été attribuée cette année par PRESCRIRE. En revanche, 2 médicaments à base de naloxone (NALSCUE et PRENOXAD) ont été récompensés. Cette substance active est un antidote en cas de surdoses d’opioïdes et son administration évite la mort. Jusqu’ici, la naloxone ne pouvait être injectée que par des professionnels de santé… donc éventuellement trop tard. Les 2 médicaments distingués cette année mettent la substance directement à disposition des usagers ou de leur entourage : sous forme de spray nasal pour NALSCUE ou d’une seringue pour injection intramusculaire pour PRENOXAD. L’élargissement et la facilité d’accès ont ainsi été récompensés dans le domaine très particulier des overdoses aux dérivés de l’opium.