Replay du mercredi 18 décembre 2019

Patients acteurs de santé

Il semblerait Docteur Ducassé que depuis quelques années, on assiste à une participation des patients, non seulement dans leurs soins, mais aussi comme acteurs de santé.

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Santé © Getty

Des patients dits experts, ou ressources, ou partenaires, collaborent avec des soignants pour faire en sorte que les interventions en santé correspondent à ce que ces personnes en attendent. 

Comme vous le savez, une expérience de soins réussie dépend de plusieurs facteurs comme la fluidité du parcours de soins, des traitements accessibles, de la qualité des soins, des compétences professionnelles mais aussi de la qualité des relations dans les soins. 

Or ces relations peuvent générer beaucoup d’insatisfactions chez les patients. Elles en génèrent aussi du côté des soignants à qui il arrive souvent de se sentir dépassés par certaines situations. C’est ce que révèle une enquête de l’Association nationale des étudiants en médecine de France qui a mis en évidence que ces futurs médecins se sentaient insuffisamment formés pour faire face à toutes les situations, en particulier sur le plan relationnel. Cette association a identifié plusieurs solutions pour y remédier, parmi lesquelles faire intervenir des patients dans leur formation. 

Cela a amené certaines facultés de médecine à systématiser ces interventions, dans le cadre de programmes formalisés. Ainsi, à la faculté de médecine de Bobigny - Paris 13, des patients sont membres de la commission pédagogique du département de médecine générale. Depuis quatre ans, 20 patients enseignent dans ce département, avec un statut d’enseignants-vacataires rémunérés au côté des enseignants-médecins. Ces enseignements concernent 90 % des cours suivis par les internes. Les patients participent également à l’évaluation des étudiants, en siégeant dans les différents jurys qui certifient les aptitudes médicales de ces internes.

Le programme de cette faculté est encore pionnier sans toutefois être unique. D’autres facultés intègrent des patients, mais encore rarement de manière aussi systématique. C’est notamment le cas des facultés de médecine de Lyon Est et de Montpellier. 

Ainsi, il semble ne plus être envisageable aujourd’hui d’enseigner l’approche centrée sur les patients, sans les patients eux-mêmes. 

Et ainsi peut-on espérer que la démocratie en santé ne cessera de s’étendre dans des domaines comme l’éducation thérapeutique, l’évaluation des produits de santé ou encore la médiation en santé. Et c’est très bien ainsi …

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