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La conduite automobile chez les personnes âgées
La conduite automobile chez les personnes âgées © Getty

Quand arrêter la conduite automobile chez les personnes âgées ?

Diffusion du lundi 13 mai 2019 Durée : 2min

Quand arrêter la conduite automobile chez les personnes âgées ?

Si en France il y a un âge légal pour commencer à conduire, il n’existe pas d’âge légal pour arrêter …

Et pourtant il y a un constat car depuis 2015 on connaît mieux la répartition des personnes tuées par an (automobilistes, cyclistes, piétons). Il ressort que 25 % des tués ont plus de 65 ans et qu’après 75 ans la mortalité s’accroît beaucoup plus vite avec plus de 60 % d’accidents responsables.

Si dans plus de 90 % des cas l’arrêt se passe dans d’assez bonnes conditions (arrêt spontané du conducteur ou vivement incité par son entourage) il reste 5 à 10 % de cas difficiles, à la fois pour les familles et les médecins. 

En effet, certaines pathologies sont incompatibles avec le maintien du permis de conduire, car pouvant “entraver la rapidité et la précision des mouvements complexes qu’implique le maniement des commandes d’une voiture”. Parmi la liste de ces pathologies il est possible de citer : une insuffisance cardiaque très sévère permanente, une acuité visuelle inférieure à 5/10 de loin malgré une correction optique, une diplopie (vision double) permanente, une instabilité chronique à l’origine de troubles graves de l’équilibre et de la coordination, une dépendance à l’alcool et/ou aux drogues, une somnolence excessive, une démence évoluée, une psychose aiguë ... et cette liste n’est bien sûr pas limitative.

Selon un arrêté du 18 décembre 2015, un patient, s’il est concerné, doit ainsi se soumettre de lui-même à un contrôle médical auprès d’un médecin agréé pour le permis de conduire. Il convient de l’inciter à réaliser ce contrôle en l’avertissant des sanctions encourues s’il refuse de s’y soumettre : 2 ans d’emprisonnement et 4 500 euros d’amende. Il faudra également lui rappeler qu’en cas d’accident, son assureur ne le couvrira pas, en considérant qu’il y aura fausse déclaration. Compte tenu de sa pathologie, il faut l’informer de son obligation, en tant que conducteur, de se soumettre de sa propre initiative à l’examen d’un médecin agréé pour le permis de conduire.

Même si en novembre 2018 le ministre de l’intérieur a répété qu’il n’y aurait pas en France de tests médicaux obligatoires il convient de rappeler que les familles et proches s’ils sont inquiets peuvent faire un signalement par simple courrier à la Préfecture. Dans la plupart des cas, cette demande sera suivie d’une injonction à consulter un médecin agréé pour le permis de conduire dans un délai d’un mois environ. En cas d’accident corporel, l’avis médical demandé par le Préfet sera encore plus rapide (avec souvent suspension provisoire du permis dans cette attente).

Enfin, un conseil : si depuis l’arrêté du 14 septembre 2010 un médecin des permis de conduire peut prescrire un test en auto-école (et ceci n’est pas assez demandé en pratique en France), le conducteur ou ses proches qui s’inquiètent peuvent le faire aussi d’eux-mêmes … avec l’aide de ce test fait en auto-école ça aidera à prendre l’éventuelle sage décision d’arrêter.