Replay du vendredi 31 juillet 2020

Saga 40 - Paris sous l'occupation : Le soulier de satin et Suzy Solidor

1943, le dramaturge Paul Claudel présente sa pièce « Le soulier de satin » à la comédie française, mise en scène par Jean Louis Barrault.

Paul Claudel à l'Académie française
Paul Claudel à l'Académie française © Getty - Keystone-France/Gamma-Keystone

1943, le poète écrivain intellectuel Paul Claudel écrit « le soulier de satin », une pièce de théâtre jouée à la comédie française qui dure onze heures, Ce soulier de satin et sa longueur démesurée suscitera les railleries. « Heureusement qu’il n’a pas écrit la paire », le mot d’esprit est attribué à Sacha Guitry. Et déjà, Claudel en 1943 se justifiait à la radio.

Une des grandes vedettes de la chanson durant l’occupation à Paris se nomme Suzy Solidor, la madone des matelots, l’égérie du milieu lesbien, physique androgyne, voix presque masculine : « ouvre tes bras pour m'enlacer, ouvre tes seins que je m'y pose, ouvre aux fureurs de mon baiser, tes lèvres roses ! »

Pour faire plaisir à l’occupant, Suzy Solidor chante une version française de Lili Marlène dans son cabaret de la rue Sainte Anne, tout proche des jardins du palais royal. Les cœurs des officiers allemands chavirent, ce qui lui vaudra lors de l’épuration un blâme, la fermeture de son cabaret et une interdiction d’exercer son métier pendant cinq ans. 

La guerre des ondes se poursuit et s’intensifie en 1943. Et même si l’opinion publique parisienne est peu conquise, Radio Paris amplifie les attaques contre radio Londres. Alphonse de Châteaubriand est l’un des plus virulents, directeur du journal collaborationniste « la Gerbe ».

Alphonse de Chateaubriand intervient tous les mercredis sur Radio Paris jusqu’en 1944. Frappé d’indignité nationale, condamné à mort par contumace, il se réfugiera dans un monastère en Autriche sous un nom d’emprunt, le docteur Alfred Wolf, jusqu’à sa mort en 1951.  

Mots clés: