Replay du lundi 29 mars 2021

Comment décrypte-t-on l’ADN des fossiles de la préhistoire ?

L'ADN contient toute l'information génétique, appelée « génome », permettant le développement, le fonctionnement et la reproduction des êtres vivants. Mais comment parvient-on à décrypter l’information génétique préservée dans les fossiles ?...

Ludovic Orlando travaillant sur un échantillon de l’un des premiers chevaux domestiqués
Ludovic Orlando travaillant sur un échantillon de l’un des premiers chevaux domestiqués - © Aaron Munson Clearwater Documentary

« L'information génétique est portée par une molécule » explique le docteur en paléogénétique Ludovic Orlando. « Cette molécule, on la connaît tous : c'est la molécule d'ADN, pour acide désoxyribonucléique. Il faut la voir comme un immense message qui est écrit en quatre lettres : A, C, G, T. Chez l'homme, chez la femme, c'est trois milliards de lettres qui existent. Et donc, pour la décrypter, il faut d'abord récupérer la molécule. Pour cela, il faut utiliser des techniques les plus poussées au laboratoire. Et ensuite, une fois qu'on a récupéré les molécules, il faut pouvoir les séquencer. Séquencer, ça veut dire lire ces molécules. Pour vous donner une idée, il faut en lire des centaines de millions, voire des milliards, pour arriver à remettre bout-à-bout l'ensemble des petits mots qui forment le texte de l'information analytique. Pour se donner une dernière image, imaginez l'information génétique comme un immense puzzle, puisque ce puzzle a été cassé par la fossilisation. Il faut que nous, mille ans après, dix mille ans après, cent mille ans après, on reconstitue le puzzle à partir de chacune de ces centaines de millions de pièces pour arriver à le remettre dans l'ordre et ainsi avoir accès à l'information génétique totale d'un individu ancien. »

Ludovic Orlando, qui dirige le centre d’anthropologie et de génomique de Toulouse, est l’auteur du livre « L’ADN fossile, une machine à remonter le temps », aux éditions Odile Jacob.

Mots clés: