Replay du mardi 30 mars 2021

Comment l’ADN nous fait mieux comprendre nos origines à la préhistoire ?

Au XIXe siècle, le paléontologue Georges Cuvier pouvait reconstituer un squelette à partir d’une seule dent. Aujourd’hui, sur la base d’un minuscule fragment d’os et grâce à des méthodes génétiques de pointe, on a découvert une espèce qui ne survit que par les traces laissées dans notre ADN.

Ludovic Orlando et ses frères Homo Sapiens, au pays des premiers chevaux domestiqués : le Kazakhstan
Ludovic Orlando et ses frères Homo Sapiens, au pays des premiers chevaux domestiqués : le Kazakhstan - © Ludovic Orlando

En quoi le travail de Ludovic Orlando, docteur en paléogénétique, a-t-il révolutionné la compréhension de nos origines à nous, Homo Sapiens ?

« Vous, moi, l'ensemble des gens qui vivent sur cette planète, on forme une espèce que l'on appelle Homo sapiens. On sait par le travail des paléoanthropologues, avant la paléogénétique bien sûr, que d'autres formes d'humanité existaient dans le passé. Par exemple, pensez à l'homme de Néandertal, qui vivait sous nos latitudes en Europe de l'Ouest il y a encore 40.000 ans de cela et qui s'est éteint depuis. Mais ce que la paléogénétique a montré, c'est qu'il existait d'autres formes d'humanité encore, que même la paléoanthropologie n'avait même pas envisagé exister. Ainsi, l'homme de Denisova a été découvert, non pas par un squelette complet qui aurait été exhumé par les archéologues, mais en fait par les molécules d'ADN que les paléogénéticiens ont pu extraire et séquencer à partir d'un tout petit os du petit doigt. Mouillé. On peut découvrir à partir de demain de l'infiniment petit. Ce sont les molécules d'ADN préservées dans des fossiles qui sont très, très peu volumineux, l'os d'un petit doigt. »

L'homme de Denisova vivait il y a environ 80 à 100.000 ans dans un territoire qui n'était pas encore l'Europe de l'Ouest, sur les contreforts de l'Altaï, montagnes situées au nord de la Mongolie actuelle.

Ludovic Orlando, qui dirige le centre d’anthropologie et de génomique de Toulouse, est l’auteur du livre « L’ADN fossile, une machine à remonter le temps », aux éditions Odile Jacob.

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