Replay du jeudi 1 avril 2021

Qu’est-ce que l’ADN peut nous apprendre sur l’évolution des espèces non-humaines ?

Une découverte stupéfiante des plus éminents préhistoriens vient d’être publiée : l’homme ne descend pas du singe, mais du poisson ! Du poisson d’avril, surtout… Donc revenons à la raison pour savoir ce que les travaux de Ludovic Orlando nous enseignent sur l’évolution des espèces non-humaines.

Ludovic Orlando devant son cheval de bataille : une table de dissection.
Ludovic Orlando devant son cheval de bataille : une table de dissection. - © Aaron Munson Clearwater Documentary

« Beaucoup de choses » s’exclame le docteur en paléogénétique Ludovic Orlando. « Les espèces non humaines, c'est l'essentiel de la biodiversité. Prenons un exemple : certaines des espèces avec lesquelles on a interagit, je pense à nos animaux domestiques, si vous voyez dans le temps avant la domestication, et pendant la domestication jusqu'à nos jours, vous pouvez donc retracer l'histoire de la domestication elle-même. Je veux dire par là quels ont été les caractères, les traits, que les erreurs du passé ont su sélectionner pour arriver à produire les animaux que l'on connaît aujourd'hui. Ce travail là a été fait par exemple dans mon laboratoire pour le cheval et ainsi de reconstruire l'histoire de la domestication du cheval. D'autres laboratoires l'ont appliqué sur le chien, sur la vache, d'autres sur des plantes, je pense au maïs, à la vigne pour l'histoire de la vinification, etc. Donc ça, c'est tout un grand aspect des travaux paléogénétiques que de pouvoir reconstruire comment nos activités, ici les éleveurs, les agriculteurs, ont transformé la planète pour la rendre telle qu'on la connaît aujourd'hui. »

Ludovic Orlando, qui dirige le centre d’anthropologie et de génomique de Toulouse, est l’auteur du livre « L’ADN fossile, une machine à remonter le temps », aux éditions Odile Jacob.

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