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Chauve souris
Chauve souris © Getty

Installer un nichoir à chauve-souris

Diffusion du samedi 22 février 2020 Durée : 4min

Même s’il fait plutôt beau et chaud en ce mois de février, le printemps et la période de reproduction des animaux n’est pas pour tout de suite. Justement, c’est le bon moment pour installer un nichoir. Mais un nichoir un peu particulier : un nichoir à chauve-souris.

En général, il s’agit de nichoirs plats, car les chauves-souris aiment à se blottir, voire à s’écrabouiller dans des endroits bien serrés, bien plats, derrière des volets par exemple. Il faut savoir que la chauve-souris la plus commune chez nous, la pipistrelle, ne fait que 4 g, et qu’elle est “fissuricole’” : elle est capable de disparaître dans la moindre fissure de bâtiment, dans la plus minuscule cavité d’arbre creux, sous le plus petit interstice sous les tuiles ou derrière les volets. En fait, les chauves-souris, pendant longtemps, n’avaient pas besoin qu’on leur propose des nichoirs. Elles allaient s’installer dans les greniers, les granges… Mais les rénovations de bâtiments anciens, les nouvelles maisons passives archi-isolées ne leur conviennent pas trop : il n’y a plus aucune ouverte, pas le moindre soupirail, le moindre fenestron !

La solution, ce sont donc les nichoirs. 

Vous pouvez en construire, en bois non traité et non peint bien sûr. À condition de bien choisir votre modèle, sur le site de la SFEPM, Société française d’étude et de protection des mammifères par exemple, car pas mal de sites sont assez fantaisistes dans leurs propositions. Et à condition de les entretenir soigneusement, car le bois s’abîme au fil des années, les systèmes d’attache se détériorent et un nichoir qui se décroche avec des animaux dedans, c’est plutôt contre-productif… Vous pouvez aussi en acheter : choisissez-les en béton de bois, un matériau ultra-résistant qui durera des années dehors.

Mais au fait, pourquoi s’intéresser aux chauves-souris ? 

Elles dévorent en insectes près du tiers de leur poids chaque nuit, absorbant notamment des milliers de moustiques, papillons de nuit, voire, à l’occasion, des pucerons. D’accord, pour une pipistrelle de 4 g, ça ne fait qu’un gramme 3, mais ça doit faire quand même quelques moustiques. Et quand il s’agit du grand murin, qui fait 40 g, ça en fait nettement plus ! On m’a raconté que des gens avaient brûlé la colonie de chauves-souris qui vivaient dans leur maison, située non loin d’un bras mort de la Loire. Avant, ils n’avaient jamais eu de problèmes ; depuis la disparition de la colonie, c’était devenu invivable... Ils ont depuis installé des nichoirs à chauves-souris et ça va nettement mieux.

Pour aller plus loin

Retrouvez ce plan d'un gîte à chauves-souris.

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