Terre Vivante

Le samedi à 7h47

Le sol, c'est tout un univers
Le sol, c'est tout un univers © Getty

La révolution du sol - 40 ans de la revue 4 Saisons

Diffusion du samedi 7 mars 2020 Durée : 3min

Le sol, c'est un univers. Il héberge 80% de la biomasse, c'est-à-dire 80% de la masse des êtres vivants qui nous entourent.

Pour beaucoup, la terre, c’est sale, c’est malpropre, c’est un truc de pouilleux. Il ne faut pas que les gosses jouent avec : « Tu vas te salir », « Mets pas à ta bouche… » En vérité, le sol, c’est le milieu le plus riche de notre environnement. Il héberge 80% de la biomasse, c’est-à-dire 80% de la masse des êtres vivants qui nous entourent. 

Pendant longtemps, on a considéré que le sol était un substrat. Juste un support physique. Or ce n’est pas ça du tout. C’est ce que sont en train de découvrir les universitaires, depuis quelques années, c’est à une véritable révolution qu’on est en train d’assister. Pendant des années, on a donc considéré que les plantes pompaient dans le sol ce dont elles avaient besoin, qu’il s’épuisait au fil des cultures et qu’il fallait donc l’alimenter à coups d’engrais chimiques, les fameux NPK (azote, phosphore, potassium). Mais le sol, c’est beaucoup plus que cela : il est vivant. Il est fait de millions de créatures : les vers de terre, mais aussi les cloportes, les collemboles, les tardigrades… qui décomposent la matière organique. Et des organismes encore plus petits, les champignons et les bactéries. Tout ça forme un véritable microbiote, comme le microbiote que l’on a découvert dans notre intestin. C’est ce foisonnement qui fait sa richesse. 

On sait qu’on détruit notre microbiote quand on prend des antibiotiques. Et bien c’est pareil avec les engrais de synthèse et les pesticides. Lorsqu’on gave le sol d’engrais, la plante n’a plus besoin de s’associer aux bactéries et aux champignons, ce qu’elle fait naturellement. Son association avec les champignons s’appelle les mycorhizes – on en parle de plus en plus – : la plante n’a pas les moyens de faire des radicelles qui vont chercher loin la matière nutritive, alors elle s’associe avec les champignons qui, grâce à leurs longs filaments, les hyphes, sont capables d’aller chercher les minéraux pour elle. C’est de la sous-traitance. Celle-ci se fait moins bien si on ne laisse pas le sol fonctionner naturellement. 

Un sol vivant, c'est fondamental

Heureusement, de plus en plus de jardiniers, de plus en plus d’agriculteurs, se rendent compte qu’un sol vivant, c’est fondamental. Ils ne labourent plus en profondeur car cela dérange la microfaune du sol qui ne fait plus son boulot de décompactage, ils apportent du paillage, ils pratiquent le compostage de surface…

Pour les 40 ans des 4 Saisons – et oui, le n° 1 est sorti en mars 1980, il y a quarante ans pile ! –, nous avons choisi de revenir sur ce thème central. Parce qu’il est au centre des pratiques de jardinage sans produits chimiques. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Terre vivante, la structure qui édite les 4 Saisons, a pris ce nom ! Si vous voulez en savoir plus sur cet univers qui s’ouvre sous nos pieds, le n° est en kiosque depuis le début du mois ou sur www.terrevivante.org 

Mots clés